Quatre ans après son lancement, les premiers résultats du projet “Quand Elle dirige, Tout le Monde Réussit” sont déjà visibles dans les communautés de mise en œuvre. Que ce soit à Kédougou, Tambacounda, Sédhiou ou à Kolda, 100 communautés partenaires témoignent désormais des transformations positives réalisées grâce au projet “Quand Elle dirige, Tout le Monde Réussit” financé par  Affaire Mondiale Canada

Depuis son lancement en 2019, le Projet QED a mobilisé tout un écosystème d’acteurs, en vue de promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles  en tant qu’agents de changement pour améliorer leur propre bien-être et celui de leurs communautés. A cet effet, les communautés impliquées dans ce projet ont suivi le Programme de Renforcement des Capacités Communautaires (PRCC) de Tostan ainsi qu’une formation sur l’acte 3 de la décentralisation. Afin de renforcer l’autonomisation économique des communautés, des Fonds d’Appui au Développement (FAD) ont été mis à la disposition des femmes et des hommes pour qu’ils mènent des activités génératrices de revenus. Et pour impulser un changement durable, les Rencontres d’Entente Communautaire (REC) ont été organisées pour impliquer les hommes non participants des classes de Tostan.

Des changements significatifs grâce au leadership des femmes

Des progrès significatifs ont été réalisés dans les communautés de mise en œuvre de ce projet et ce, dans divers domaines. Aujourd’hui, les femmes sont plus engagées dans la protection de leur environnement et mettent en pratique des mesures d’hygiène pour améliorer la santé de leur famille et de leur communauté. 

A Djirédji (Sédhiou), Alima Faty, participante à la classe de Tostan et responsable commission environnement, témoigne de la synergie des actions entre les hommes et les femmes pour la protection de l’environnement. 

 « Ce projet nous a beaucoup aidés, j’ai instauré des mesures simples comme l’interdiction de jeter les eaux usées  n’importe où dans le village et c’est bien suivi par toute la communauté.  Actuellement, toutes les femmes et hommes du village s’associent à moi pour assainir le village. » 

Grâce au Fonds d’Appui au Développement (FAD), Niary Boubane  a pu inscrire ses enfants à l’école à Kédougou. 

« Avec le financement que j’ai reçu, j’ai investi dans l’élevage de chèvres. Mes bénéfices m’ont permis de contribuer à la scolarité de mes enfants et soutenir mon mari. »

Comme Niary, plusieurs femmes ont pu s’assurer une autonomie économique grâce aux FAD. Dans certains cas, ces FAD ont permis aux Comités de Gestion Communautaire de construire des latrines, d’acheter des fournitures scolaires ou des nattes de prières pour leurs lieux de prière.

Rôle de premier plan dans les municipalités 

En dehors de l’amélioration des conditions de vie, les formations sur la gouvernance et la décentralisation ont permis à plusieurs femmes de jouer un rôle de premier plan dans leur commune. 

 « Avant, les femmes conseillères n’étaient pas trop impliquées dans la gestion des collectivités territoriales. Mais après avoir suivi la formation de Collectivités Territoriales dans la cadre de ce projet, ces femmes s’activent, elles viennent à l’heure et participent au débat d’orientation budgétaire et osent défendre leurs idées devant les conseillers », témoigne Ousmane TRAORE, agent de développement communautaire à Goumbayel (Tambacounda).

Le projet a également contribué à la réduction des conflits dans les ménages et a favorisé une entente entre les membres des communautés. A Goumbayel, Opa CISSOKO dira que « les conflits dans les couples ont beaucoup diminué, de même, les enfants ont plus de considération et participent aux discussions.»

« Si nous voulons atteindre l’émergence, personne ne doit être mis de côté. Et nous avons remarqué dans nos traditions que les femmes et les filles sont mises à l’écart et pourtant sans leur implication, aucun développement ne peut se faire », renchérit Mahanta SOUMARE – Sous-préfet de Dianké Makha à Tambacounda.

Avec les acquis de ce projet, les 100 communautés poursuivent leur vision du bien-être et chacune de leurs actions actuelles et futures sera « orientée vers l’émergence » des femmes et filles et par ricochet de leur communauté.

“Quand la femme dirige, la lumière est orientée vers l’émergence ” Ce message fort de du Sous-Préfet de Dar Salam, Ibrahima THIOBANE résume l’essence du projet QED.