Le 6 février 2014 a été une journée mémorable pour les habitants de Yirimadio. Dans ce district de 60 000 habitants, 14 quartiers ayant participé au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan avaient décidé de renoncer publiquement à la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des MGF, reconnue par les Nations unies.
« «Nous, représentants de 14 communautés bambara, peul, songhaï, dogon, bobos, miniakas et sénoufos de la commune deYirimadio à Bamako, nous réunissons ce jeudi 6 février 2014 pour déclarer solennellement que nous renonçonssciemment aux pratiques de l’excision et du mariage précoce ou forcé des filles au sein de nos communautés. » – Déclaration publique lue en français et en bamananka.
Des centaines de personnes ont assisté à l'événement sur l'esplanade dustade du 26 mars à Bamako ; beaucoup portaient des vêtements traditionnels en wax rose et beige sur lesquels figuraient des messages tels que «Déclaration d'abandon du FGC à Yirimadio ».
Les discours prononcés lors de la déclaration ont souligné l’importance de cet événement et les difficultés auxquelles les communautés sont souvent confrontées avant d’en arriver à faire une déclaration publique, en particulier dans un pays où le taux de prévalence atteint 85 %. Sangaré Oumou Ba, ministre de la Promotion des femmes, de la Famille et des Enfants, a déclaré : «La décision d’abandonner les mutilations génitales féminines n’est pas facile à prendre, surtout dans une zone périurbaine qui est un carrefour de toutes les civilisations du Mali, où la perception des normes sociales diffère d’un groupe ethnique à l’autre. »
Abou Amel Camara, coordinateur national de Tostan au Mali, a également pris la parole en déclarant : « Cette déclaration n’est qu’un début. D’autres suivront au Mali et encourageront ceux qui hésitent à rejoindre le mouvement en faveur de l’abandon total de la pratique des mutilations génitales féminines. »
Comme pour répondre à ceux qui hésitaient à renoncer à cette pratique et pour réaffirmer son engagement, Mah Cissé, présidente de la Fédération des comités de gestion communautaire (CMC) de Yirimadio, a déclaré : «Je suis ici pour proclamer notre renoncement aux mutilations génitales féminines. Je suis ici pour prendre position et dire au monde entier que les mutilations génitales féminines ne sont pas une bonne pratique. Je déclare cet abandon afin que cela puisse s’étendre à d’autres quartiers de Bamako et à d’autres pays. »
Outre les membres de la communauté, l'événement a également réuni des représentants de Tostan international et de Muso, le partenaire de mise en œuvre de Tostan au Mali, ainsi que d'autres partenaires de la société civile et des représentants du gouvernement malien, notamment Mamadou Gaoussou Diarra, ministre de la Jeunesse et des Sports, Bocar Moussa Diarra, ministre de la Fonction publique, et Ousmane Koné, ministre de la Santé et de l'Assainissement.
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