Mettre fin aux mutilations génitales féminines
Les participants au programme éducatif de Tostan acquièrent les outils nécessaires pour mener des actions locales visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines
Les enjeux
La pratique des mutilations génitales féminines (MGF) touche environ 230 millions de filles et de femmes dans le monde. Chaque année, plus de 4,3 millions de filles risquent d'être excisées à travers le monde.
Les mutilations génitales féminines (MGF) comportent de nombreux risques pour la santé, tant immédiats qu'à long terme, et sont reconnues à l'échelle internationale comme une violation flagrante des droits humains. Bien plus qu'une simple pratique néfaste, les MGF constituent une norme sociale profondément enracinée, imposée par les attentes de la communauté en matière de mariabilité. En faisant exciser leur fille, les familles s'assurent qu'elle sera une candidate au mariage désirable.
Par rapport aux risques pour la santé, les conséquences sociales auxquelles sont confrontées les filles non excisées sont tout aussi graves. Une fille qui n'est pas excisée est souvent rejetée par sa communauté.
Ce que nous faisons
Notreprogramme d'autonomisation communautaire (CEP) permet aux membres de la communauté de se forger leur propre opinion sur les mutilations génitales féminines (MGF) et de mener leurs propres initiatives en faveur du changement. Lors des sessions du CEP consacrées aux droits de l'homme, les participants découvrent leur droit à la santé et leur droit de ne subir aucune forme de violence. Ils discutent également des responsabilités qu'ils partagent pour protéger ces droits au sein de leur communauté.
Au cours des séances consacrées à la santé, ils découvrent les conséquences néfastes potentielles, immédiates et à long terme de cette pratique et discutent des moyens de prévenir ces problèmes de santé à l'avenir.
Plutôt que de rejeter la faute sur quelqu’un ou de critiquer, nous encourageons le dialogue autour de ces pratiques et d’autres qui, selon les communautés, font obstacle à leur vision du développement local. Les participants, les membresdu comité de gestion communautaireet les équipes de mobilisation sociale discutent avec leurs amis et leur famille, et se rendent dans d’autres communautés pour faire connaître ce qu’ils ont appris.
Grâce à ce processus, de nombreuses communautés décident ensemble de mettre fin aux mutilations génitales féminines, certaines sans avoir participé directement à nos cours.
Parrainez un élève
Même si contribuer à l'abandon des mutilations génitales féminines (MGF) ne figurait pas parmi nos objectifs initiaux, cette cause est devenue un véritable moteur de changement social. À ce jour, plus de 10 324 communautés de Djibouti, de Guinée, de Guinée-Bissau, du Mali, de Mauritanie, du Sénégal, de Somalie et de Gambie ont publiquement déclaré leur décision d'abandonner à la fois les MGF et le mariage des enfants. Rien qu'en 2021, 590 communautés au Sénégal, en Guinée-Bissau et au Mali ont organisé 7 déclarations publiques.
Comme Tostan l'a toujours expliqué et comme l'ont montré nos évaluations externes, l'abandon de cette pratique à l'issue de notre programme et la déclaration publique de cet abandon ne sont pas garantis à 100 %. Cependant, ces déclarations publiques jouent un rôle essentiel dans le processus menant à l'abandon total de cette pratique et sont indispensables pour créer une dynamique suffisante, afin que les mutilations génitales féminines finissent par appartenir au passé.
Notre programme d'autonomisation communautaire(CEP) a été reconnu comme l'approche privilégiée pour encourager l'abandon des mutilations génitales féminines tant par le gouvernement du Sénégalque par celui de la Gambie.
Comment le programme éducatif de Tostan favorise-t-il la transformation sociale ?
À quoi ressemble la réussite
Les communautés qui mènent ce programme à bien font état d’un engagement plus fort en faveur de l’abandon des mutilations génitales féminines et d’une meilleure compréhension des risques sanitaires et sociaux qu’elles comportent. Les familles se sentent plus à l’aise pour aborder cette pratique et soutenir les filles non excisées. Les responsables locaux, qu’il s’agisse d’hommes, de femmes ou de jeunes, jouent un rôle actif dans la diffusion d’informations fiables et l’animation du dialogue. Les déclarations publiques renforcent l’engagement de la communauté et réduisent la pression exercée sur les familles pour qu’elles perpétuent cette pratique. Ces changements créent des environnements plus sûrs où les filles peuvent grandir sans craindre d’être excisées.
Réussite communautaire
432
Déclaration publique dans trois pays où des communautés ont renoncé aux mutilations génitales féminines et aux mariages précoces en 2023
10,324
Depuis 1997, les communautés ont publiquement renoncé aux mutilations génitales féminines et aux mariages d'enfants