Lancement du projet pénitentiaire à Diourbel, au Sénégal

Depuis 2003, Tostan met en œuvre son projet « Prison » dans plusieurs établissements pénitentiaires au Sénégal. Ce projet vise à autonomiser les détenus grâce à une éducation non formelle et à l'acquisition de compétences, afin de faciliter leur réinsertion dans la société.

En 2011, après avoir collaboré avec Tostan à Thiès, le directeur de la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Diourbel a demandé à Tostan de mettre en œuvre le projet dans son établissement. Trois ans plus tard, après plusieurs visites exploratoires et actions de sensibilisation – et avec l’accord de la direction –, Tostan vient de commencer à mettre en œuvre son programme à Diourbel. 

Le mercredi 3 septembre 2014, au siège de la préfecture de Diourbel, une soixantaine de personnes se sont réunies pour le lancement du projet pénitentiaire de Tostan au centre de détention local MAC. Parmi elles se trouvaient des représentants des autorités administratives et pénitentiaires, des chefs religieux (musulmans et chrétiens), les partenaires régionaux de Tostan (ONG, associations, etc.), des journalistes et l'équipe du projet, ainsi que d'autres employés de Tostan issus du bureau de coordination national au Sénégal.

Après des prières dirigées par un imam et une autre par un représentant de l'Église de Diourbel, le président du Conseil départemental local, Khadim Gueye, a ouvert la réunion et a assuré Tostan de son intérêt et de son soutien pour ce projet.

Khalidou Sy, coordinateur national de Tostan au Sénégal, a retracé brièvement l'histoire de la présence de Tostan à Diourbel. Khalidou a également souligné l'engagement des autorités administratives, traditionnelles et religieuses en faveur de la réussite du projet.

Le vice-gouverneur chargé de l’administration et du développement, M. Mamadou Khouma, s’est dit ravi d’assister au lancement. Il a ensuite rendu hommage au personnel de la prison MAC de Diourbel qui, malgré un manque flagrant de ressources, accomplit un travail remarquable, salué même par les détenus eux-mêmes. Il a également souligné l’enthousiasme des autorités pour un projet aussi important : «Il est vrai que Diourbel manque de ressources, mais lorsque Tostan a proposé ce projet, tout le monde l’a soutenu, en particulier les chefs religieux.Nous espérons que les détenus ne reviendront jamais en prison après leur libération. Enfin, nous souhaitons beaucoup de succès à ce projet et espérons que la prison MAC de Diourbel pourra devenir un modèle pour d’autres départements. »

La coordinatrice du projet pénitentiaire, Aïssatou Kebe, et son assistante, Maimouna Sougoulé, ont expliqué le fonctionnement du projet, ses objectifs et les activités organisées en prison. Elle a étayé ses propos par de nombreux exemples d'anciens détenus qui exercent désormais des activités génératrices de revenus.

À l'issue de ces présentations et discours, une séance de questions-réponses a eu lieu. L'intérêt des participants s'est notamment manifesté par le fait que plus de quinze personnes ont pris la parole pour exprimer leur enthousiasme, encourager Tostan, demander des précisions sur le projet ou faire des suggestions.

De nouvelles opportunités prometteuses se profilent dans le cadre du projet pénitentiaire. Grâce au soutien croissant des autorités administratives, religieuses et pénitentiaires de Diourbel et d’ailleurs, l’équipe du projet pénitentiaire est impatiente de poursuivre la mise en œuvre d’activités avec divers partenaires.