Cela fait maintenant plusieurs années que j’entends parler de l’impact du travail de Tostan, et lorsque j’ai pris mes fonctions en janvier en tant que chargée de communication à Dakar, j’ai commencé à en apprendre davantage sur le Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, ainsi que sur ses résultats dans cinq domaines d’action : la gouvernance, l’éducation, la santé, l’environnement et la croissance économique. Les équipes de terrain m’envoient également des témoignages accompagnés de photos, mais j’avais hâte de constater cet impact de mes propres yeux, et me rendre sur le terrain m’a permis de commencer à comprendre ce que nous faisons réellement.
Du 22 au 26 mai 2014, je me suis rendue pour la première fois en mission dans la région de Kolda afin de découvrir par moi-même le travail de Tostan sur le terrain. Notre voyage de Dakar à Kolda, en passant par la Gambie, a duré 16 heures. J’ai participé à deux événements : le premier à Ndorna, pour célébrer la Journée internationale de lutte contre la fistule obstétricale, au cours duquel nous avons distribué des brochures sur cette maladie et appelé à mettre fin à cette affection évitable ; et le second à Salikegné, où 100 communautés participant au programme « Renforcement des pratiques parentales » (RPP) ont déclaré leur engagement à promouvoir l’éducation de la petite enfance au sein de leurs communautés.
À mon arrivée au premier événement, la Journée internationale pour l’éradication de la fistule obstétricale, j’ai été frappée par l’aspect du village. L’événement se déroulait dans la cour de l’école, qui était d’une propreté irréprochable, et les murs étaient peints d’images représentant tous les différents Droits Humains. Alors que les enfants gloussaient en faisant éclater bruyamment les sacs en plastique vides qui avaient autrefois contenu de l’eau, j’ai été impressionnée de voir qu’ils savaient toujours les ramasser par terre une fois qu’ils en avaient fini. On m’a expliqué que les villages Tostan sont souvent propres car le programme enseigne le respect de son cadre de vie et de l’environnement, et que les communautés sont fières de l’aspect de leurs habitations. Heureusement, notre mission s’est poursuivie à Salikegné, où j’ai été émue de constater la solidarité entre les mères participant au programme RPP, ainsi que le véritable esprit de famille que j’ai ressenti entre toutes ces femmes et ces enfants.
J'ai également été fière d'entendre des commentaires positifs sur Tostan de la part des habitants de Ndorna, à Salikegné. J’ai rencontré une animatrice nommée Soucouta Kandé, qui travaille pour Tostan depuis 2000. Elle intervient actuellement dans un village appelé Sinthian Dinz, situé à environ 14 kilomètres de Ndorna. Elle est venue à la journée de sensibilisation à la fistule en compagnie du chef de son village, Yoba Mballo, qui a exprimé son admiration pour elle et pour ses compétences pédagogiques au sein de sa communauté. Yoba a expliqué qu’il avait amené les habitants de son village à participer à cette journée en raison de ce que Soucouta et Tostan leur avaient appris sur le développement de la petite enfance et l’éducation. De même, Abdoulaye Mballo, du village de Sinthian Pathé, a témoigné que Tostan encourageait une bonne santé au sein de leur village, protégeant ainsi leurs femmes et leurs enfants ; c’est pourquoi il éprouve le plus grand respect et la plus grande gratitude pour notre travail.
Le fait de découvrir ces communautés, d'échanger avec les animateurs et de rencontrer les participants au programme CEP permettra d'apporter davantage de profondeur à mon travail de communication depuis Dakar. Je suis ravie et honorée de travailler pour Tostan, et j'ai plus que jamais hâte de faire connaître cette initiative au monde entier.
Récit de Liz Grossman, chargée de communication chez Tostan
