Tostan forme des agents de l'administration et des ONG en Guinée-Bissau

Du 23 au 26 avril 2013, Tostan a dispensé une formation à des représentants de trois ministères et de 27 ONG locales en Guinée-Bissau sur son approche éprouvée, fondée sur les droits humains, visant à faciliter l'abandon desmutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés. La formation s'est déroulée à Canchungo, en Guinée-Bissau, à la demande du Comité national pour l'abandon des pratiques néfastes (CNAPN), un groupe d'ONG dirigé par le gouvernement qui œuvre pour promouvoir l'abandon de ces pratiques.

Le CNAPN a sollicité cette formation après que 144 communautés de Guinée-Bissau eurent publiquement déclaré, fin 2012 et début 2013, leur engagement en faveur de la promotion des droits de l'homme et de l'abandon des pratiques néfastes. Ces communautés avaient participé, directement ou indirectement, par le biais d'une diffusion organisée, au Programme d'autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, un projet de trois ans axé sur les droits de l'homme.

Oumou Diop, experte de programme chargée de la mobilisation sociale et de la communication chez Tostan au Sénégal, a animé les discussions du groupe sur l’approche fondée sur les droits humains dans le cadre du CEP, la théorie des normes sociales relatives aux MGF, les instruments internationaux relatifs aux droits humains et la stratégie de diffusion organisée visant à l’abandon de cette pratique. Oumou a animé cette formation de quatre jours en adoptant un style participatif similaire à celui utilisé dans le CEP, en guidant les discussions et en donnant à chacun l’occasion d’exprimer son opinion. Lors des discussions sur la violence à l’égard des femmes, les participants ont été encouragés à partager des exemples illustrant comment ils avaient observé ce problème au sein de leurs propres communautés.

Le troisième jour de la formation, six femmes issues de communautés partenaires de Tostan, qui avaient déclaré mettre fin aux pratiques néfastes plusieurs mois auparavant, sont venues participer à la session, offrant ainsi aux représentants de l'ONG l'occasion d'entendre leur point de vue sur le programme et sur l'abandon de ces pratiques. Réparties en groupes, les membres de la communauté ont expliqué comment l'apprentissage des droits humains avait changé leur façon de voir certains aspects de leur vie : comment certaines pratiques amélioraient leur bien-être général et d'autres non. Elles ont également pu partager avec les participants l'expérience de leur village en matière d'abandon, ainsi que les défis qu'elles avaient réussi à surmonter avant la déclaration.

Cette formation a permis de sensibiliser les organisations qui œuvrent pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et aux mariages précoces ou forcés en Guinée-Bissau au rôle que peuvent jouer les droits de l'homme pour encourager les communautés à abandonner ces traditions néfastes.

Pour répondre à la demande internationale croissante en matière de formation à l'approche Tostan, l'organisation a lancé un projet visant à créer officiellement un centre de formation Tostan à Thies, au Sénégal, en 2015.