Renforcer les compétences et la confiance en soi en Guinée-Bissau

Dans les communautés d'Afrique de l'Ouest, la tradition orale est la norme. Savoir lire et écrire dépend de la scolarisation formelle, qui reste inaccessible à de nombreux citoyens. En Guinée-Bissau, le taux d'alphabétisation avoisine les 55 % (45 % chez les femmes) et est encore plus faible dans les zones rurales où Tostan intervient.  C'est pourquoi de nombreux participants au Programme d'autonomisation communautaire (CEP) étaient enthousiastes à l'idée d'acquérir des compétences de base en alphabétisation avec Tostan. Bien que l'alphabétisation complète nécessiterait plus de trois cours par semaine pendant trois mois, la plupart des participants ont appris à écrire des informations de base, ainsi qu'à lire et à signer des documents essentiels à la fin du programme. Ces compétences ouvrent de nombreuses possibilités qui constituaient auparavant de grands obstacles, comme l'enregistrement des nouveau-nés auprès de l'État et l'obtention d'une pièce d'identité valide pour voter.

Les séances de cours d'alphabétisation commencent généralement par une révision des droits de l'homme, qui sont abordés au cours des premiers mois du CEP. On demande aux participants de formuler une courte phrase décrivant l'un des droits de l'homme qu'ils ont appris. L'animateur décompose ensuite la phrase en identifiant les mots, puis les syllabes et enfin les lettres. Une ou deux lettres deviennent alors le thème central de la leçon. Les participants commencent par écrire une lettre sur leur tableau, puis un mot complet et significatif lié au thème de la leçon.

Grâce à cela, Mariama Seydi sait désormais lire et écrire son nom ainsi que celui de son pays. Mariama est responsable de la commission de la santé au sein du comité de gestion communautaire de Massaba, en Guinée-Bissau.

Entre octobre 2015 et mai 2016 (du début à la fin des cours), 9 771 participants – dont 80 % de femmes et de filles – dans quatre pays ont amélioré leurs compétences de base en lecture, en écriture, en mathématiques et en gestion de projet. Le nombre de participants capables de résoudre des problèmes mathématiques à l'aide d'une calculatrice est passé de 503 à 3 827, et celui des participants capables de résoudre un problème sans calculatrice est passé de 758 à 4 306. Ces compétences essentielles élargiront leurs perspectives professionnelles et personnelles, car elles apporteront un changement durable pour eux-mêmes, leurs familles et leurs communautés !