Trente communautés du sud du Sénégal ont déclaré avoir renoncé aux mutilations génitales féminines et aux mariages précoces, à la suite du programme Tostan

Une véritable avancée dans une région conservatrice

Trente communautés de la commune de Linkering, dans la région de Kolda, au sud du Sénégal, se sont réunies le dimanche 25 novembre 2018 pour déclarer publiquement l'abandon des pratiques traditionnelles néfastes et manifester leur engagement en faveur du bien-être des filles et des femmes. Cet événement marque un tournant historique dans cette région, où l'influence des guides religieux conservateurs (marabouts) de la ville voisine de Médina Gounass reste très forte.

Des communautés se sont rassemblées sous la bannière de cette déclaration

Une participation exceptionnelle à la déclaration

Des membres de la communauté sont venus de partout pour célébrer cet événement marquant, en compagnie du personnel administratif local et des autorités locales. Des professionnels de santé, des membres du personnel de Tostan, des représentants des Nations Unies (UNICEF) et les médias régionaux étaient également présents.

Après l'hymne national et les prières d'ouverture, les responsables communautaires se sont adressés au public dans des discours consacrés à l'évolution des normes sociales et à l'abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces. L'imam local Abdoulaye Ba, le chef du village de Linkering, Moussa Baldé, et la représentante de toutes les communautés participantes, Fatoumata Baldé, ont pris la parole tour à tour.

Pendant la cérémonie, le village vibrait au rythme des danses folkloriques, de la musique, des artistes traditionnels et des troupes de théâtre. Les jeunes de la communauté avaient préparé un spectacle de danse, des chants, des poèmes et un sketch sur les mutilations génitales féminines (MGF), dans lequel ils mettaient en scène une audience au tribunal afin d'exposer les arguments médicaux et juridiques en faveur de l'abandon de cette pratique.

Le personnel de Tostan a relevé la présence surprenante, et donc significative, de membres de la communauté (principalement des jeunes) originaires de Médina Gounass, un centre religieux connu pour sa réticence à renoncer aux mutilations génitales féminines.  

Toutes les communautés concernées, conscientes des effets néfastes des mutilations génitales féminines (MGF) et du mariage des enfants sur la santé et le bien-être des filles et des femmes, ont pris la décision d'y renoncer. Deux jeunes femmes ont été choisies pour lire la déclaration : Binta Sow en français et Binta Kandé en pulaar.

Les femmes s'expriment haut et fort pour dire « non aux mutilations génitales féminines ! »
Les femmes s'expriment haut et fort pour dire « non aux mutilations génitales féminines ! »

Le mouvement des droits de l'homme prend de l'ampleur !

La déclaration de Linkering a remporté un franc succès, avec environ 800 personnes présentes ce jour-là. Le succès d'une telle déclaration dans cette région est une bonne nouvelle et marque une étape importante dans le mouvement visant à abandonner ces pratiques traditionnelles néfastes au Sénégal.

Des jeunes qui présentent des sketchs et des numéros de danse
Des jeunes qui présentent des sketchs et des numéros de danse