L'éducation avant tout : les communautés de Kaolack se réunissent pour promouvoir les écoles coraniques modernes

Les jeudi 26 et lundi 30 juin 2014, le projet de protection de l’enfance (CPP) de Tostan a organisé deux réunions communautaires à l’occasion de la publication d’un nouveau document de plaidoyer intitulé « Focus : les écoles coraniques modernes », qui traite du programme de modernisation des daaras, ou écoles coraniques. Vingt-six communautés de la région de Kaolack se sont réunies dans les villages de Lamarame et de Ndiakhané pour discuter de la modernisation des daaras. Des enseignants religieux occupant la fonction de responsables de daaras ainsi que des membres des comités de gestion communautaire (CMC) sont venus partager leurs réussites et donner leur avis sur le document de plaidoyer et le CPP.

Lors de ces deux réunions, Moussa Sao, responsable du CPP, et Marame Mbaye, animatrice de projet, ont expliqué la procédure d’enregistrement d’un « daara moderne », les modalités d’adhésion à l’Association des marabouts, ainsi que la nature d’un daara moderne : il s’agit d’une école religieuse réglementée et inspectée périodiquement par le gouvernement sénégalais. Ces établissements doivent respecter des normes minimales de sécurité et dispenser un enseignement conforme à un programme approuvé. À l'issue de ces deux réunions, les participants ont acquis une meilleure compréhension de l'importance de ces processus.

Selon les participants, le CPP améliore la qualité de vie des élèves et facilite certaines démarches administratives. Souleyman Badiane, professeur d’arabe dans une école publique, a déclaré : « Ce projet est important car il améliore la qualité de vie des enfants qui fréquentent les daaras, ou talibés. » De plus, El Hadji Ngary Badiane, un chef religieux de Lamarame, a expliqué : « L’impact le plus important du projet [pour ma daara d’adoption] a été le lien établi avec les autorités locales et la capacité de Tostan à faciliter ces contacts. »

Un autre sujet abordé lors des réunions concernait les femmes des communautés, également appelées Ndeyou Daaras, qui adoptent et s’occupent des talibés. Kéwé Diop Nidaye a déclaré : « Certains chefs religieux pensent que les femmes gâtent les enfants en les adoptant, mais nous les aidons à rester propres et à bien se nourrir. » Oumar Fall, de Touba Fall, a expliqué : « Notre village est un modèle de propreté. Les femmes ont mis en place des règles en matière d’hygiène et d’assainissement. Tout le monde comprend l’importance de la propreté des enfants et de toutes les tâches ménagères. »  Enfin, Modou Yama Ndiaye a rendu hommage aux femmes de son village en déclarant : « Je remercie ces femmes courageuses qui se sont donné du mal [pour les talibés] dans le village, alors même que d’autres se moquaient d’elles. Mais elles ont compris l’importance de prendre soin d’eux, et c’est pourquoi elles ont persévéré. Sans elles, nous ne serions pas là aujourd’hui. »

 Il reste encore du travail à accomplir en matière de modernisation des daaras, notamment en ce qui concerne le renforcement des compétences des enseignants religieux et la prise en charge des enfants dans les écoles. Cependant, des rencontres comme celles-ci montrent bien l’impact que peut avoir une collaboration étroite avec les chefs religieux et les communautés sur les daaras et les talibés.