Une récente déclaration publique en faveur de l'abandon des mutilations génitales féminines à Fafacourcou, au Sénégal, témoigne de la détermination de la communauté à respecter les droits de l'homme

Le dimanche 24 février, une foule de plus de 1 000 personnes s'est rassemblée à Fafacourou, une localité de la région de Kolda au Sénégal, pour assister à la déclaration publique. Lors de cette déclaration, 128 communautés ont annoncé publiquement leur décision d'abandonner les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés. Malgré la chaleur, des représentants des villages signataires ainsi que d'autres régions du Sénégal et de la Gambie sont venus manifester leur solidarité avec le mouvement visant à abandonner ces pratiques néfastes.  

Les chaises se sont rapidement remplies sous les tentes ornées de banderoles portant des slogans tels que « Protégeons l'intégrité physique de nos filles » et « Fafacourou et les communautés environnantes ont tourné le dos aux mutilations génitales féminines et au mariage des enfants ». Femmes, hommes et enfants se sont pressés derrière les rangées de sièges bondées pour pouvoir assister à cet événement historique pour la région de Kolda, dans le sud du Sénégal.  

La journée a été ponctuée de prestations musicales, de sketchs présentés par des jeunes, ainsi que de discours prononcés par diverses personnalités. Après les mots de bienvenue et la prière prononcés par l’imam et le chef du village de Fafacourou, les spectateurs ont pu apprécier un répertoire varié de chants interprétés par un groupe de musiciens traditionnels pulaar. Plus tard, un groupe de jeunes de Fafacourou a présenté une reconstitution divertissante et percutante d’une communauté intervenant pour empêcher un père de forcer sa jeune fille à se marier. Après un deuxième sketch montrant un chef de village confrontant une mère qui tentait de faire exciser sa fille, les enfants ont interprété une chanson sur les droits humains et l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés.

 Maroum Diao, elle-même ancienne praticienne de l’excision, a raconté comment elle a pris conscience des dangers de cette pratique et pourquoi elle a décidé d’y mettre fin. Lorsque Tostan a commencé à travailler dans son village de Saré Bouré en 2011, on pensait que les hémorragies et autres blessures causées par l’excision étaient le résultat mystique de rivalités entre différentes exciseuses. Grâce aux activités de sensibilisation menées par Tostan, Diao et les autres habitants de Saré Bouré ont appris que c’était l’excision qui causait ces blessures, et Diao a depuis abandonné cette pratique traditionnelle.

Avant que les festivités de la journée ne s’achèvent, les participants à la déclaration ont écouté Khalidou Sy, coordinateur national de Tostan au Sénégal, évoquer l’importance de cet événement. En remerciant les différents villageois et partenaires, il a salué leur « détermination à atteindre un objectif commun : la santé et le respect des droits de l’homme ».

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Photos d'Allyson Fritz et Meagan Byrne, Tostan.