À l'occasion de la Journée internationale des femmes (vendredi 8 mars), nous vous expliquons comment notre programme global d'autonomisation communautaire (CEP) s'inscrit dans le thème de cette année : « Une promesse est une promesse : il est temps d'agir pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes. »
La violence à l'égard des femmes et des filles constitue l'un des principaux obstacles au bien-être de la communauté. Elle crée des situations où la sécurité physique des femmes et des filles est menacée, elle peut les empêcher de suivre une scolarité, d’exercer une activité économique, et peut compromettre leur capacité à faire leurs propres choix quant au nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir. Dans de nombreuses communautés à travers l’Afrique, la violence à l’égard des femmes et des filles se manifeste par la violence domestique, les mariages précoces ou forcés, les mutilations génitales féminines (MGF) et le manque de pouvoir des femmes dans la prise de décision.
Bon nombre des sessions du Programme d'autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, d'une durée de trois ans, visent à mettre fin à la violence sexiste en dotant tous les participants des connaissances et des compétences nécessaires pour améliorer la condition des femmes et des filles au sein de leurs communautés.
Dès le début du programme, la méthode d’apprentissage participative utilisée dans les cours du CEP encourage les femmes et les jeunes filles à s’exprimer en public. Les cours du CEP ne se déroulent pas sous forme de cours magistraux, mais plutôt comme des discussions interactives où la voix de chacun compte. Beaucoup de femmes et de jeunes filles ne sont pas habituées à s’exprimer en public, en particulier sur des sujets qui touchent à leur bien-être, et ces séances leur donnent peu à peu la confiance nécessaire pour faire valoir leur opinion et s’impliquer dans les décisions communautaires.
Le contenu des premières séances du module Kobi, qui constitue la première phase du CEP, est axé sur la démocratie et les droits de l’homme. Les participants apprennent que chaque membre de la communauté a le droit, entre autres, de s’exprimer, d’être protégé contre la violence et la discrimination, de bénéficier de la sécurité, de la santé, d’une éducation, de conditions de vie sûres et de l’égalité devant la loi. Les animateurs expliquent ces droits en les mettant en relation avec le contexte local et encouragent les participants à discuter des aspects de la vie communautaire qui respectent chacun de ces droits, ainsi que des responsabilités que ces droits impliquent. Ils discutent également des aspects qui ne contribuent pas au bien-être et à la dignité de la communauté, ainsi que de leur vision collective du développement de celle-ci. Ils élaborent cette vision en groupe dès le tout début du CEP.
Après avoir abordé les droits de l'homme, les participants apprennent un processus simple de résolution de problèmes en cinq étapes, applicable à tous les domaines, des conflits interpersonnels à la gestion de projets. Les participants travaillent sur des exemples illustrant comment mettre en œuvre ce processus dans la vie quotidienne, ce qui leur fournit un cadre simple pour trouver des moyens de surmonter les obstacles, qu'il s'agisse de résoudre des problèmes au sein du foyer ou de faire évoluer certains aspects de la vie communautaire. Des membres de la communauté, comme Yama Bathia au Sénégal, ont utilisé cette méthode pour aborder les questions de violence sexiste au sein de leurs communautés.
Dans ces communautés, de nombreuses femmes mettent en pratique les compétences et les connaissances acquises en assumant des rôles de direction au sein de leur comité de gestion communautaire (CMC). Les CMC sont très actifs dans l'organisation d'initiatives communautaires telles que des journées de nettoyage, des campagnes de vaccination et des déclarations publiques en faveur de l'abandon des pratiques néfastes, notamment les mutilations génitales féminines et les mariages précoces ou forcés. Ces opportunités de leadership permettent aux femmes de mettre en pratique leurs nouvelles compétences et d'assumer leurs nouveaux rôles sociaux en dirigeant les activités et les membres du comité.
À mesure que les connaissances, les compétences et les attitudes véhiculées par le CEP se diffusent au sein de la communauté et dans la région grâce aux réseaux sociaux et à des actions organisées, telles que des activités de sensibilisation communautaire et des émissions de radio, une masse critique de personnes désireuses d’un changement social positif commence à se former. Les communautés s’unissent autour d’un mouvement en faveur d’un changement positif – un processus qui aboutit souvent à des déclarations publiques au cours desquelles de nombreuses communautés se rassemblent pour promouvoir les droits humains et déclarer publiquement qu’elles renoncent aux pratiques traditionnelles néfastes, telles que les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés. Ces déclarations et les connaissances acquises au cours du CEP placent le sujet autrefois « tabou » de la violence sexiste au premier plan des discussions, permettant ainsi aux communautés de s’engager ensemble à mettre fin à la violence à l’égard des femmes.
Photos d'Angela Rowe, Tostan.
