Quel est votre lien avec Tostan ?
Mouctar Oularé. Je suis le coordinateur national en Guinée. Je fais donc partie du personnel.
Comment avez-vous entendu parler de Tostan pour la première fois ?
M.O. Dans le cadre d’un appel d’offres visant à recruter des ONG locales partenaires de Tostan. En tant que fondateur et directeur exécutif du CEGUIFED (Centre guinéen de formation et d’éducation pour le développement), j’ai soumis le dossier de mon ONG à Tostan Guinée, qui a été retenue à l’issue d’une analyse institutionnelle. C’est ainsi que le CEGUIFED a été sélectionné comme ONG partenaire de Tostan Guinée en Basse-Guinée.
Racontez-nous un moment particulier que vous avez vécu depuis que vous connaissez Tostan.
M.O. C'était en 2003, à l'issue d'une formation d'un mois organisée à Thiès à l'intention des ONG partenaires sur le Programme d'autonomisation communautaire (CEP) de Tostan. Aujourd’hui, au bureau national de Tostan Guinée à Labé (nord de la Guinée), lors d’une réunion de planification avec le personnel de Tostan Guinée présidée par M. Malick Diagne (paix à son âme), deux ONG partenaires (CAM et AJGUIDE) ont menacé de mettre fin à leur partenariat avec Tostan Guinée au motif que Tostan Guinée n’avait pas le droit de mettre en œuvre son programme en Guinée. Selon elles, la mise en œuvre du programme relevait de la compétence des trois ONG partenaires formées à cet effet par Tostan à Thiès. Lorsque Malick Diagne s’est rendu compte que CEGUIFED ne partageait pas la position des deux autres ONG partenaires, il m’a convoqué à une réunion avec elles (lui et moi). Il m’a demandé de convaincre les deux autres ONG de changer d’avis. J'ai réussi à convaincre les deux ONG partenaires en leur expliquant qu'on ne peut pas « labourer, semer et récolter aujourd'hui pour manger aujourd'hui ». En d'autres termes, j'ai invité les deux ONG partenaires à se donner le temps d'acquérir les compétences et les pratiques nécessaires à une bonne mise en œuvre du programme Tostan. À Thiès, nous avions une bonne compréhension théorique du CEP, qui devait être complétée par une bonne compréhension programmatique du CEP. En conséquence, les deux ONG partenaires ont accepté de poursuivre le partenariat avec Tostan Guinée, à la grande satisfaction de Malick Diagne.
Racontez-nous une anecdote, un souvenir ou une situation qui illustre votre expérience avec Tostan.
M.O. De 2014 à 2016, nous avons élaboré, en collaboration avec l'UNICEF, un projet visant à financer des activités de suivi post-rapport dans 227 villages de la Haute-Guinée, de la Guinée centrale et de la Basse-Guinée qui avaient mené à bien le CEP. Ces activités avaient pour objectif de renforcer les capacités du système communautaire de protection de l'enfance appelé SyPEG (Système de protection de l'enfance en Guinée).
Quels sont vos souhaits pour Tostan pour les 30 prochaines années ?
M.O. L'extension du programme d'autonomisation communautaire en Guinée, conformément aux priorités nationales (décentralisation, promotion des droits des femmes et des filles, protection de l'enfance).
Ce récit a été rédigé dans le cadre du 30e anniversaire de Tostan. Trente récits seront publiés en 2021 pour célébrer la formidable famille Tostan. C'est pour nous une façon de rendre hommage aux communautés et aux leaders locaux, ainsi qu'à nos équipes, nos partenaires, nos réseaux, nos donateurs et à tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette aventure.
