Cette semaine, notre fondatrice et directrice générale, Molly Melching, se trouve à Rome, en Italie, où elle participe à une conférence internationale organisée par le Programme conjoint FNUAP-UNICEF sur les mutilations génitales féminines (UNJP). L'UNJP a été créé en 2008 dans le but d'accélérer le mouvement visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines (MGF). L'UNJP se concentre actuellement sur 15 pays africains, dont les huit pays où Tostan est présent, et s'étendra à deux autres pays l'année prochaine. Bon nombre des principes sur lesquels repose notre programme se reflètent dans le travail du Programme conjoint – par exemple, l’importance d’impliquer les hommes et les garçons autant que les femmes, ainsi que les chefs religieux traditionnels, et la nécessité d’une action collective pour changer les normes sociales qui sous-tendent cette pratique – et l’approche de l’UNJP implique une action à tous les niveaux, des communautés aux législateurs, en passant par les communautés de la diaspora à travers le monde.
La conférence de cette semaine rassemble des représentants des gouvernements nationaux, d’ONG et d’agences des Nations Unies afin de renforcer davantage l’engagement politique, d’élaborer des stratégies pour l’avenir et de promouvoir des actions nationales en faveur du mouvement visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines (MGF). Alors que le Programme des Nations Unies pour l'élimination des mutilations génitales féminines (UNJP) s'apprête à entrer dans sa deuxième phase, qui s'étendra de 2014 à 2017, la conférence offre à toutes les parties concernées l'occasion de tirer parti des enseignements de la première phase, notamment des résultats présentés dans le rapport de l'UNICEF publié plus tôt cette année, ainsi que de s'appuyer sur la (AGNU) adoptée le 20 décembre 2012, qui appelle à « intensifier les efforts mondiaux en vue de l'élimination des mutilations génitales féminines ».
En plus de participer à des tables rondes, Molly Melching a pris la parole lors de la journée d'ouverture de la conférence, mardi. En présentant une session consacrée à l'intensification du mouvement contre l'abandon de cette pratique, Molly a évoqué la nécessité de mettre en place des programmes axés sur les droits humains et l'éducation, permettant aux membres de la communauté de prendre leurs propres décisions sur la base d'informations fiables auxquelles ils n'avaient pas accès auparavant. Elle a réitéré les demandes formulées par les membres de la communauté au fil des ans, à savoir aborder la pratique des MGF sans recourir à un langage accusateur ou culpabilisant, car cette approche peut entraîner davantage de colère et d'agressivité.
La conférence et la mission de l’UNJP mettent en évidence la diversité des acteurs qui ont un rôle à jouer pour accélérer le mouvement en faveur de l’abandon des armes. Dans son discours, Molly a souligné la nécessité pour tous les acteurs de collaborer afin de soutenir ce mouvement populaire mené par les communautés locales ; elle a illustré ce point par un proverbe africain bien connu : « Si dix personnes creusent un trou tandis que dix autres le comblent, il y aura beaucoup de poussière et d’agitation, mais pas de trou ».
