92 communautés en Guinée lancent un mois de déclarations publiques en Afrique de l'Ouest en faveur de l'abandon des mutilations génitales féminines et des mariages précoces ou forcés

Le26 mai, les membres de 92 communautés guinéennes se sont réunis dans le village de Baladou Wongoenin pour proclamer publiquement et collectivement leur renonciation aux mutilations génitales féminines (MGF) et aux mariages précoces ou forcés, à travers des chants, des danses, des sketchs et la lecture d’une déclaration approuvée par toutes les communautés dans les langues locales. Baladou Wongoenin est situé à l'extrême sud de la Guinée, près des frontières avec la Sierra Leone et le Libéria, une région luxuriante abritant certaines des forêts tropicales les mieux préservées d'Afrique de l'Ouest – très loin, à tous égards, de la savane parsemée de baobabs du Sénégal où les premiers villages ont déclaré leur abandon collectif de ces pratiques en 1998.

La déclaration faite en Guinée est la dernière en date d’un mouvement qui prend de l’ampleur dans toute la région en faveur de l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés. De nombreuses communautés, fortifiées par les nouvelles connaissances acquises en matière de droits humains, de santé et de résolution de problèmes grâce au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, ont décidé collectivement de mettre fin à ces pratiques.

L'une des forces du programme CEP, qui lui permet de toucher des groupes de population aussi divers (plus de 6 500 communautés ont publiquement renoncé à ces pratiques dans sept pays), réside dans sa capacité inhérente à s'adapter à la culture locale. Le programme Tostan tient compte du fait que chaque pays, région, groupe ethnique et village est unique ; c’est pourquoi les cours sont toujours dispensés dans la langue locale des communautés par un animateur issu du même groupe social que les participants. Ces animateurs sont formés pour présenter les concepts universels des droits de l’homme, l’hygiène et la santé, l’alphabétisation, les mathématiques et les sessions de gestion de projet du programme d’une manière culturellement pertinente pour les participants, en s’appuyant sur leurs connaissances, leurs traditions et leur expérience de vie existantes.

Par exemple, dans de nombreux villages du sud de la Guinée, les anciens de la communauté jouent le rôle de gardiens de la culture et des traditions. Les animateurs et les membres du Comité de gestion communautaire (CMC) ont pris conscience de l’importance de leur rôle dans le mouvement visant à mettre fin à cette pratique et veillent à ce qu’ils soient associés à tout dialogue et à toutes les décisions prises par les communautés en matière de droits de l’homme et de santé.

Le succès du CEP, qui a su susciter un changement social depuis les forêts tropicales de Guinée jusqu’au désert mauritanien, a conduit Tostan à lancer une nouvelle campagne intitulée « Changement générationnel en trois ans ». Cette campagne permettra d'étendre la mise en œuvre du CEP et de nouveaux modules innovants en établissant des partenariats avec 1 000 communautés à travers l'Afrique de l'Ouest, qui à leur tour diffuseront les connaissances acquises à 1 000 autres « communautés adoptées », aidant ainsi Tostan à avoir un impact positif sur la vie d'environ 1,6 million de personnes.

En s'associant simultanément à 1 000 communautés à travers la région, le programme tirera parti des enseignements tirés par Tostan sur les mécanismes du changement social et sur la manière dont des communautés et des groupes interconnectés diffusent largement de nouvelles idées via leurs réseaux sociaux. Cette campagne constituera un élan décisif pour tirer parti de la dynamique croissante visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines (MGF) et aux mariages précoces ou forcés dans toute la région.  Outre la déclaration en Guinée, d'autres déclarations importantes sont également prévues ce mois-ci au Mali, en Gambie et au Sénégal. 

Compte tenu de la nature globale du programme de Tostan, cette campagne contribuera également à jeter les bases d'un développement mené par les communautés dans toute la région, en aidant des communautés entières à acquérir les connaissances et les compétences qui leur permettront d'atteindre les objectifs qu'elles se sont elles-mêmes fixés dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la gouvernance, de l'environnement et de la croissance économique.  

Pour en savoir plus sur les déclarations publiques au Mali, au Sénégal et en Gambie :