Le phénomène de l'abandon s'étend aux villages « adoptés » du Sénégal

Toubacouta, Sénégal – Le 5 juillet 2009, quatre-vingt-dix-huit villages du Sénégal se sont réunis pour renoncer publiquement aux pratiques traditionnelles néfastes que sont les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés. Cette déclaration publique se distingue de la plupart des événements similaires organisés par le passé, car aucun des villages concernés n’avait participé directement au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan. Au contraire, ces 98 villages, ainsi que les quelque mille personnes présentes lors de la déclaration, avaient tous été « adoptés » par des communautés voisines ayant suivi le CEP et ayant publiquement déclaré leur renoncement aux pratiques traditionnelles néfastes en 2008.   Les adultes et adolescents « adoptés » ont pris connaissance des idées et des valeurs présentées par le programme éducatif de Tostan de manière indirecte, grâce à la diffusion de ces idées au sein de leur réseau social élargi, incarnant ainsi les principes du modèle de diffusion organisée de Tostan pour la mobilisation sociale.
Les 98 villages ayant fait cette déclaration appartiennent à quatre communautés rurales de l’arrondissement de Toubacouta, situé dans la région de Fatick au Sénégal : la Communauté Rurale (CR) de Keur Saloum Diane (25 villages), la CR de Nioro Alassane Tall (22 villages), la CR de Keur Samba Gueye (36 villages) et la CR de Toubacouta (15 villages). Ces communautés se caractérisent également par leur diversité ethnique, composée de membres des groupes ethniques Serer, Mandinka et Pulaar.

Bien que les villages eux-mêmes n’aient pas pris part au CEP de Tostan, ils ont pris connaissance du programme de Tostan après que 30 villages de la communauté voisine de Nemanding eurent organisé leur propre déclaration en mars 2008. Bien que les 98 villages de Toubacouta aient hésité à abandonner la pratique après des efforts de développement antérieurs, l’approche respectueuse et menée par la communauté, ainsi que la vague croissante en faveur de l’abandon suscitée par la déclaration de Nemanding, ont inspiré leur propre campagne de mobilisation sociale il y a plus d’un an. Ces efforts ont abouti à la déclaration de Toubacouta, à laquelle ont assisté des représentants de diverses organisations ainsi que des responsables communautaires. Parmi les personnes présentes figuraient des représentants de Tostan, de l’UNICEF, du ministère de la Famille du gouvernement sénégalais et de l’Assemblée générale du Sénégal. De plus, le gouverneur de Fatick, le préfet de Foundiougne, le président du CR de Toubacouta et de nombreux chefs de village faisaient partie de l’auditoire, témoignant ainsi du soutien tant du gouvernement que de la communauté à cette décision.

Les présentations et les discours prononcés par divers membres de la communauté ou d’organisations font partie intégrante de toutes les déclarations publiques. La déclaration de Toubacouta comprenait un sketch préparé par des adolescents du village sur les risques sanitaires liés aux mutilations génitales féminines (MGF) et sur le fait qu’aucune religion n’approuve cette pratique. De nombreuses personnes ont pris la parole, dont plusieurs ont mentionné Tostan, notamment le gouverneur de la région de Fatick, le directeur du ministère de la Famille du Sénégal et un représentant de l'UNICEF. De nombreux responsables et bénévoles de Tostan étaient également présents à la cérémonie, notamment le coordinateur national de Tostan Sénégal et le coordinateur régional de Kaolack, ainsi que divers superviseurs de projet et équipes de mobilisation sociale. 

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Pour plus d'informations sur la pratique des mutilations génitales féminines ( MGF), veuillez consulter la page de ressources de Tostan consacrée à ce sujet.

Pour en savoir plus sur la théorie de la diffusion organisée, veuillez cliquer ici pour lire l'article de Gerry Mackie intitulé « Les mutilations génitales féminines : le début de la fin ».