L'avocate Julia Lalla-Maharajh, inspirée par une récente déclaration publique

Julia Lalla-Maharajh, « fervente défenseure » de l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et fondatrice de l’Orchid Project, s’est récemment rendue dans plusieurs communautés où le programme d’autonomisation communautaire de Tostan est mis en œuvre. Ses échanges avec les membres de ces communautés et le fait d’avoir été témoin de l’enthousiasme suscité par la déclaration publique de Sare Ngai lui ont redonné de l’énergie et l’ont confortée dans sa volonté de poursuivre son action en faveur d’une transformation sociale positive. Voici l’article complet publié par The Huffington Post :

Danser pour mettre fin aux mutilations génitales féminines

8 février 2011
The Huffington Post
Julia Lalla-Maharajh

Je suis ici à Dakar, au Sénégal. C'est bien loin de Londres, de Davos et de l'Éthiopie. Je découvre des choses nouvelles, j'apprends énormément et je ne cesse de m'émerveiller devant les changements qui s'opèrent ici, sur le terrain et au sein des communautés.

En tant que « fervente militante » pour l’abolition des mutilations génitales féminines, mon histoire est banale, sans doute similaire à tant d’autres dans le monde occidental. Une vie passée à crouler sous le poids d’un crédit immobilier, à m’incliner devant les grandes entreprises et à faire quotidiennement la navette dans les rames bondées du métro londonien m’a amenée à repenser ma vie. Ma seconde vie a commencé il y a environ deux ans, lorsque je suis partie en Éthiopie pour faire du bénévolat. C’est à Addis-Abeba que mes yeux se sont ouverts avec émerveillement en observant la vie des femmes et des filles qui m’entouraient. Comment avaient-elles pu naître dans cette vie de dur labeur, où elles devaient porter des charges bien trop lourdes pour leur dos, et où elles n’avaient que peu accès à l’éducation ?

La situation s’est aggravée lorsque j’ai entendu parler des mutilations génitales féminines, de leur ampleur et de leurs conséquences. Le choc que j’ai ressenti était palpable. Lors d’un voyage à Lalibela, une ancienne ville sainte du nord de l’Éthiopie, j’ai rencontré deux petites filles qui sont restées gravées dans ma mémoire tout au long de ce périple. Je voulais parler à leurs parents, à leur communauté, les supplier de ne pas les faire exciser. Mais je savais que je n’avais ni le pouvoir, ni le droit, ni la légitimité d’intervenir dans la culture de qui que ce soit d’une manière aussi maladroite et moralisatrice.

De retour à Londres, j'ai fait du bénévolat auprès de Forward pour découvrir une meilleure façon de dialoguer avec les communautés. De manière assez incongrue, je me suis retrouvé sur le socle de Trafalgar Square pour exhorter la foule à ne pas détourner le regard de cette question très complexe et déchirante.

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