Le25 septembre 2013, la ville mauritanienne d'Aleg, capitale de la région de Brakna dans le sud-ouest de ce pays d'Afrique de l'Ouest, a accueilli des représentants de 201 communautés, réunis pour prendre part à une déclaration publique confirmant leur engagement à renoncer aux pratiques néfastes que sont les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés.
Parmi ces communautés, 60 ont participé directement au programme holistique d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, grâce auquel les participants ont approfondi leur compréhension des droits de l’homme et des conséquences de ces pratiques néfastes pour les filles et les femmes, ainsi que pour la communauté dans son ensemble. Fortes de cette nouvelle perspective, et après de longues délibérations avec tous les habitants de leurs villages respectifs, les communautés ont elles-mêmes pris la décision d’abandonner les mutilations génitales féminines et les mariages précoces ou forcés. Elles ont ensuite commencé à faire passer le message à d’autres communautés au sein de leur réseau social. Les 141 communautés restantes qui ont déclaré mercredi avoir renoncé à ces pratiques néfastes n’avaient jamais participé directement au programme de Tostan, mais ont pris leur décision en s’appuyant sur ce qu’elles ont appris grâce à ce processus de mobilisation sociale et de diffusion de l’information.
Outre les interventions des membres de la communauté, du personnel de Tostan et des autorités locales et nationales, des chefs religieux des communautés pulaar et hassaniya ont pris la parole lors de cet événement, apportant leur soutien à l'abandon d'une pratique souvent considérée à tort comme une obligation de l'islam. Leurs remarques ont été suivies d’une déclaration de femmes qui occupaient auparavant le rôle d’exciseuses des filles de la région – une fonction très respectée dans la société – avant de décider d’abandonner ce rôle après avoir compris le lien entre cette pratique et les souffrances qu’elle inflige à de nombreuses filles et femmes. Une femme, présidente du Comité de gestion communautaire ( CMC) de son village, a expliqué qu’après avoir pris conscience de leurs droits humains, « les femmes se sentent autonomisées par la connaissance de leur droit à l’intégrité physique », ce qui a incité nombre d’entre elles à chercher un moyen d’abandonner cette pratique.
Il s'agit de la deuxième déclaration publique organisée en Mauritanie depuis que Tostan a commencé à collaborer avec les communautés du pays en 2007. En 2010, 78 communautés ont courageusement pris part à la première déclaration mauritanienne d'abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés, et depuis lors, la dynamique de ce mouvement n'a cessé de prendre de l'ampleur. Lors de la déclaration de cette semaine, fruit du travail des agents de mobilisation sociale et d'autres membres de la communauté qui se consacrent à la diffusion du message des droits humains, il apparaît clairement qu'un changement positif à grande échelle est en train de s'opérer dans toute la région.
L'abandon des mutilations génitales féminines et des mariages précoces ou forcés n'est qu'un des nombreux effets observés au sein des communautés participant à notre programme et parmi celles avec lesquelles elles ont partagé ce qu'elles ont appris.
Lisez l'article de blog d'aujourd'hui pour en savoir plus sur la manière dont les communautés mauritaniennes luttent contre la désertification et contribuent à l'objectif du Millénaire pour le développement n° 7 : garantir un environnement durable.
