Le 1er octobre 2009, Melanne Verveer, ambassadrice itinérante des États-Unis chargée des questions mondiales relatives aux femmes, a témoigné devant la commission des relations étrangères du Sénat américain sur le thème de la violence à l'égard des femmes. L'ambassadrice Verveer a salué Tostan devant la commission sénatoriale pour le succès de l'organisation dans l'élaboration d'un programme modèle qui a facilité l'abandon des mutilations génitales féminines (MGF) par des milliers de communautés à travers l'Afrique de l'Ouest et de l'Est. Elle a recommandé à la commission que les programmes efficaces, tels que le Programme d’autonomisation communautaire ( CEP) de Tostan, soient étendus et intégrés à la campagne internationale du gouvernement américain visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes. Parmi les autres stratégies évoquées figuraient la définition de la violence à l’égard des femmes comme une violation des droits de l’homme et une menace pour la sécurité nationale, l’implication des chefs religieux internationaux de toutes confessions, la participation des hommes à la campagne visant à améliorer la condition des femmes dans le monde entier, le renforcement de l’autonomie économique des femmes, l’amélioration de l’accès à l’éducation pour les filles, la mise en œuvre effective des résolutions de l’ONU visant à mettre fin aux conflits et la définition de la violence à l’égard des femmes comme une priorité nationale et internationale à traiter sans délai.
La mention de Tostan par l’ambassadrice Verveer s’inscrivait dans le cadre d’un appel à l’action plus large visant à lutter contre l’avortement sélectif en fonction du sexe, l’insuffisance des soins de santé et de la nutrition prodigués aux filles, les mutilations génitales féminines (MGF), le mariage des enfants, le viol, la traite des êtres humains, les crimes d’honneur, les meurtres liés à la dot, ainsi que la négligence et l’ostracisme dont sont victimes les veuves, autant d’exemples de crimes commis à l’encontre des femmes. L'ambassadrice Verveer a qualifié la question de la violence à l'égard des femmes de « l'un des problèmes humanitaires et de développement les plus importants et les plus profondément enracinés auxquels nous sommes confrontés ».
Au sujet de la violence à l'égard des femmes en tant que problème de développement, l'ambassadrice Verveer a déclaré :
De nombreuses études menées par des économistes, des entreprises, des instituts et des fondations ont démontré à maintes reprises que les femmes sont des moteurs essentiels de la croissance économique et qu'investir dans les femmes génère d'énormes retombées positives. Ces études nous apprennent que les femmes réinvestissent jusqu’à 90 % de leurs revenus dans leur famille et leur communauté. Et pourtant, aucun de ces avantages n’est possible si les filles ne peuvent pas apprendre sans crainte et si les femmes ne peuvent pas jouir d’autonomie et prendre des décisions concernant leur propre vie, et ce sont précisément ces éléments que la violence et la peur de la violence leur enlèvent.
L'ambassadrice a également fait valoir que le gouvernement américain devait considérer la violence à l'égard des femmes non seulement comme un enjeu de développement, mais aussi comme un enjeu de sécurité. Elle a souligné l'existence d'une corrélation significative entre l'oppression des femmes, la fragilité de l'État et le terrorisme. Cela est particulièrement visible dans des pays tels que la République démocratique du Congo (RDC) et l'Afghanistan, deux destinations où l'ambassadrice s'est récemment rendue afin d'évaluer la situation actuelle et de déterminer les mesures à prendre pour améliorer la sécurité des femmes dans ces régions et ailleurs dans le monde.
Veuillez cliquer sur ce lien pour lire le témoignage écrit de l'ambassadrice Verveer devant la commission sénatoriale des relations étrangères : « Violence à l'égard des femmes : coûts et conséquences à l'échelle mondiale ».
