Une approche intégrée pour des mères en meilleure santé et plus autonomes

À l'occasion de la Journée internationale pour l'éradication de la fistule obstétricale, Tostan partage ses bonnes pratiques

Au cours des dernières années, Tostan a permis à des centaines de femmes souffrant de fistule de bénéficier d’un traitement médical dans les camps de prise en charge de la fistule organisés par l’UNFPA, en prenant en charge une partie des frais indispensables liés à ce traitement, tels que le transport vers des établissements de santé éloignés, l’hébergement et la restauration des accompagnateurs, ainsi que les frais médicaux supplémentaires (prescriptions spéciales, kits d’hygiène, médicaments postopératoires). Sans ce soutien, de nombreuses femmes n’auraient pas pu accéder au traitement dont elles avaient besoin.

La fistule obstétricale est évitable ; selon l'Organisation mondiale de la santé, elle peut être largement évitée grâce à un accès rapide aux soins obstétricaux, au report de l'âge de la première grossesse et à l'abandon des pratiques traditionnelles néfastes. Tostan aide les communautés locales à prévenir la fistule par ces trois moyens.

L'approche de Tostan est globale et intégrée, et la sensibilisation à la prévention de la fistule est rendue possible grâce à son programme d'autonomisation communautaire (CEP), d'une durée de trois ans. Dans le cadre du CEP, les membres de la communauté engagent un dialogue sur des questions importantes liées au bien-être de leur communauté. Ils discutent des droits et des responsabilités de chacun, s'informent sur les bonnes pratiques en matière de santé et acquièrent des compétences en lecture, en écriture, en mathématiques et en gestion de projet.

Dans le cadre du module sur la santé, les participantes du programme Tostan reçoivent des informations spécifiques sur la fistule — ce qu’elle est et comment la prévenir — et prennent conscience que le mariage précoce, qui conduit à une grossesse précoce, peut être une cause de fistule si la jeune fille n’a pas accès à des soins de santé adéquats. Comme les participantes ont pris conscience de leur droit à la santé et sont encouragées à s’exprimer et à faire entendre leur voix pour mettre fin aux pratiques qui ne contribuent pas au bien-être de leur communauté, elles ont le courage de mener des campagnes sur l’importance de mettre fin au mariage des enfants et aux mutilations génitales féminines au sein de leur communauté et au-delà.

 

Un participant au programme CEP de Tostan s'exprimant publiquement sur le droit à la santé.

 

Les résultats de Tostan montrent à quel point les questions de santé, de genre et de développement social sont étroitement liées, et que pour y apporter une solution durable, il faut donner aux communautés les moyens de s’attaquer aux causes profondes de ces problèmes interdépendants. L’autonomisation, grâce à l’apprentissage des droits humains, au partage d’informations sanitaires essentielles et à la promotion du dialogue ainsi que de la prise de décision collective, conduit à la réduction des pratiques néfastes tout en améliorant les résultats sanitaires et en prévenant l’apparition de la fistule. Grâce au programme d’autonomisation communautaire de Tostan, mis en œuvre de 2013 à 2016 dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest, 150 communautés participantes, ainsi que 208 communautés voisines, ont choisi d’organiser six déclarations publiques pour renoncer au mariage des enfants et aux mutilations génitales féminines.

Au début de cette année, Tostan a publié « Savoir et Agir », en collaboration avec des partenaires tels que le ministère sénégalais de la Santé, l’UNICEF et le FNUAP. Cette brochure contient des illustrations claires et des informations rédigées en pulaar et en mandinka, les langues locales. Quatre pages sont consacrées à l’explication de la fistule et de sa prévention. Tostan a distribué 10 000 exemplaires aux communautés au début de l'année, dans le cadre du mouvement visant à éradiquer la fistule obstétricale au Sénégal.