Le CMC de Tounny, en Guinée, organise des journées de nettoyage pour prévenir le paludisme

L'une des stratégies les plus simples pour promouvoir une bonne santé est aussi l'une des plus efficaces : en veillant à la propreté de leur environnement, les membres de la communauté peuvent réduire considérablement la propagation de maladies telles que le paludisme, le choléra et divers parasites.

Dans le cadre du module « Kobi » du Programme d’autonomisation communautaire (CEP) holistique de Tostan, les participants apprennent comment le fait de maintenir leur communauté propre peut contribuer à leur bonne santé, tout en suivant des cours sur la théorie des germes, les infections sexuellement transmissibles et la grossesse. Les comités de gestion communautaire (CMC) mis en place dans chaque village au début du programme pour diriger les activités de développement sont encouragés dès le début à organiser régulièrement des « journées de nettoyage », renforçant ainsi les enseignements tirés du CEP et montrant comment mettre en œuvre une solution pratique pour résoudre les problèmes de santé courants. Chaque communauté est unique, et les différents CMC utiliseront ces compétences en matière de résolution de problèmes pour répondre à leurs besoins particuliers.

Dans le village de Tounny, en Guinée, le paludisme constitue depuis longtemps un risque sanitaire courant et une source de frustration pour de nombreux habitants. Tounny est perché au sommet d’une petite colline dans les montagnes du Fouta Djallon, au centre du pays, juste au-dessus d’un petit ruisseau qui déborde pendant la saison des pluies. Les eaux stagnantes dans la communauté constituaient un terrain propice à la reproduction des moustiques, et l’absence d’infrastructures sanitaires avait également favorisé la propagation du choléra et des parasites intestinaux.

En mettant en pratique ce qu’ils ont appris au sein du CEP, les habitants de Tounny ont depuis réussi à résoudre ces problèmes. Harouna Bah est le coordinateur du CMC et l’imam de la mosquée du village. « Nous organisons désormais des journées de nettoyage dans notre village tous les samedis, au moins quatre fois par mois. Au début, seuls les membres du CMC participaient, mais aujourd’hui, même les plus jeunes du village prennent l’initiative. »

Harouna Bah et les autres membres du CMC ont mis à profit ce qu’ils ont appris en matière de santé pour cibler leurs efforts de nettoyage. Dans le Kobi, les participants apprennent que le paludisme est causé par les moustiques, qui se reproduisent dans les flaques d’eau stagnante, comme celles laissées à Tounny par le ruisseau en crue. « Nous nous réunissons pour nettoyer nos maisons et les espaces publics, notamment la mosquée locale, le centre de santé, l’école et le marché. Nous éliminons les flaques d’eau, les déchets ménagers et certaines plantes qui attirent les moustiques responsables du paludisme. Notre santé s’est nettement améliorée : il y a moins de cas de diarrhée, moins de paludisme, et l’utilisation de moustiquaires est désormais une habitude pour nous. »

Récit de Matthew Boslego, Tostan.