Des communautés en Mauritanie et au Sénégal unissent leurs forces pour mettre fin aux mutilations génitales féminines (MGF)

«Dans les années à venir… [nous devrons veiller] à ce que des programmes transfrontaliers voient le jour pour accélérer l’abandon des MGF [en] Afrique. » Ellea ajouté que «le système des Nations Unies, par l’intermédiaire de l’UNICEF et du FNUAP, soutient depuis longtemps le Sénégal dans ses efforts pour parvenir à un consensus entre les parties prenantes autour d’un plan d’action national. Nous comptons également sur leur soutien continu dans la mise en œuvre de programmes transfrontaliers visant à garantir la sécurité aux frontières face aux violations des droits des filles. » Ces propos de Marie Auguste Sall, s’exprimant au nom de la Coordination nationale de Tostan Sénégal, sonnent juste alors que les communautés sénégalaises et mauritaniennes s’efforcent de trouver des solutions transfrontalières pour mettre fin à cette pratique, considérée comme une violation des droits des filles et des femmes.

Il y a environ deux semaines, le 27 août 2014, dans la petite ville de Dial Soubalo, dans la région de Matam, au nord du Sénégal, les participants ont fait part de leurs expériences en matière d’abandon, ainsi que des moyens d’harmoniser les lois relatives aux mutilations génitales féminines (MGF) en vigueur au Sénégal et en Mauritanie. Le gouverneur de la région, Cheikh Kane Niane, accompagné des autorités sénégalaises locales, a accueilli ses homologues mauritaniens, menés par le maire de Diowou et l'adjoint au maire de Kahédi.

M. Gallo Kebe, coordinateur du programme conjoint FNUAP-UNICEF sur les mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) au Sénégal, a affirmé que la Mauritanie, parmi d’autres pays, devait encore accélérer le processus de changement visant à mettre fin aux MGF/E. Ce programme conjoint soutient depuis longtemps ces deux pays afin de parvenir à un consensus entre les parties prenantes autour d’un plan d’action national. Il a également soutenu la mise en œuvre de programmes transfrontaliers visant à garantir la sécurité aux frontières face aux violations des droits des filles.

Le gouverneur de la région de Matam a ensuite longuement insisté sur la nécessité d’un développement fondé sur les droits humains : «Il nepeut y avoir de développement social ou économique sans respect des droits humains. » Il a également réaffirmé la volonté politique du gouvernement sénégalais de voir toutes ses communautés renoncer définitivement à la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés d’ici 2017. Enfin, le gouverneur s’est adressé aux deux communautés en ces termes : « J’appelle toutes les communautés sénégalaises, mais aussi nos frèresmauritaniens, à participer à cet effort visant à mettre fin aux MGF pour le bien-être des enfants et des femmes. » À cette fin, les deux pays devront harmoniser leurs lois et leurs politiques en matière de bien-être, tout en respectant les droits humains à la frontière.

Récit de Malick Gueye, responsable de la communication chez Tostan Sénégal