Les communautés mènent une campagne de sensibilisation dans le cadre du projet « Paix et sécurité » à l'occasion des 16 jours d'activisme contre la violence sexiste

Dans le cadre de la participation de Tostan à la campagne « 16 jours d’action contre la violence sexiste » (du 25 novembre au 10 décembre), 15 communautés participant au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) ont collaboré avec le Projet Paix et Sécurité de Tostan pour organiser une manifestation de sensibilisation le 9 décembre dans la communauté de Diégoune, dans la région de Ziguinchor, au Sénégal.
 
Cet événement s’inscrivait dans le cadre des activités menées par le Projet Paix et Sécurité, lancé en avril 2012. Le Projet Paix et Sécurité vise à étendre la stratégie communautaire éprouvée de Tostan, axée sur le développement mené par les communautés, afin d’améliorer la paix et la sécurité dans la région de l’Afrique de l’Ouest.   
 
L'événement, articulé autour du thème central « La violence à l'égard des femmes reste un obstacle à la paix », visait à sensibiliser les autorités, les médias et les communautés à la violence à l'égard des femmes et à ses conséquences négatives. Il a également montré comment le Programme d'autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, fondé sur les droits humains, a contribué à lutter contre plusieurs formes de violence sexiste et comment cela peut, à terme, conduire à davantage de paix au sein du foyer, de la communauté et au-delà.
 
Grâce au CEP, les participants découvrent leurs droits à la santé et à la protection contre toutes les formes de violence, y compris la violence sexiste. Le CEP met également l’accent sur la prévention de la violence par l’amélioration des compétences en communication et en résolution de problèmes, ainsi que sur le règlement pacifique des conflits communautaires et familiaux.

L'éducation aux droits de l'homme dispensée par le CEP a souvent incité les membres de la communauté à signaler les cas de violence domestique aux autorités locales, à mener des actions de sensibilisation à ces problèmes et à prendre des décisions collectives, telles que des sanctions, afin de mettre un terme à ces pratiques. Forts de leurs connaissances, les participants au CEP ont également lancé des mouvements visant à l'abandon de pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés.  

Plusieurs représentants des autorités locales et de la société civile ont assisté à l'événement organisé à Diégoune, notamment plusieurs membres de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance et des partenaires régionaux tels que le Réseau ouest-africain pour la consolidation de la paix (WANEP).

Les médias locaux et régionaux ainsi que les journalistes ont eu l'occasion d'échanger avec les membres de la communauté, les représentants de Tostan et des partenaires, tels que la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance, sur les actions menées pour encourager l'abandon de la violence à l'égard des femmes et contribuer à une société plus pacifique.

L'événement a débuté par un défilé au cours duquel les participants ont captivé l'attention du public avec des poèmes, des chants et des danses soulignant l'importance de renoncer à la violence à l'égard des femmes pour une société plus pacifique. Le chef du village de Diégoune a ensuite ouvert la cérémonie et a souligné qu'il ne peut y avoir de développement sans paix. Après avoir souhaité la bienvenue aux participants, l'imam local a évoqué les retombées et les résultats du CEP à Diégoune et a prié pour que cette journée soit couronnée de succès.
 
Mory Camara, coordinateur du projet Paix et Sécurité, a présenté le contexte de la campagne « 16 jours d’activisme » et expliqué les objectifs de l’événement du 9 décembre. À la suite de son discours, Thiam Ndèye Marie Diédhiou, de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance, a salué la contribution de l’approche communautaire de Tostan à la promotion de l’abandon de plusieurs formes de violence à l’égard des femmes. Elle a exhorté Tostan à poursuivre son excellent travail dans la région afin de contribuer à la paix en Casamance. Moussa Sow, coordinateur national du WANEP au Sénégal, a convenu que l’autonomisation des communautés locales est la bonne approche pour promouvoir la paix et la sécurité.
 
Le gouverneur régional et le sous-préfet ont clôturé l'événement en soulignant l'importance de renforcer les synergies entre les différents acteurs de la région qui œuvrent à l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Les femmes jouant un rôle important pour le développement de la région, du pays et au-delà, ils ont appelé toutes les femmes à s'unir pour la paix.

Découvrez le programme de Tostan fondé sur les droits humains ainsi que les prochaines déclarations sur les droits humains en Guinée-Bissau.