Lamin a récemment pris part à un atelier de cinéma participatif de deux semaines, rendu possible grâce à la collaboration et au soutien de Venice Arts, du Sundance Institute, de la Fondation Skoll et de l'Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida). Tostan a organisé cet atelier dans le cadre d'un projet plus vaste visant à encourager la narration d'histoires menées par les participants, après avoir reçu la subvention «Stories of Change».

J'ai récemment participé à l'atelier de cinéma participatif organisé par Tostan à Thiès et à Kolda, au Sénégal. Cette formation, qui comprenait à la fois des volets théoriques et pratiques, s'est déroulée sur deux semaines.
Les modules théoriques nous ont permis, à moi-même et aux huit autres participants, de nous initier à la réalisation de documentaires, d'avoir un aperçu de l'évolution de la réalisation cinématographique et du cinéma, et de mieux comprendre les concepts fondamentaux de la narration visuelle, en mettant l'accent sur la lumière, le son, la composition et l'histoire. Nous avons appris à utiliser une caméra vidéo Flip et les techniques de montage de base, nous avons réalisé des devoirs et participé à des séances de critique en groupe. J'ai vraiment apprécié de travailler avec les formateurs de Venice Arts en raison du caractère participatif de leurs présentations, ainsi que de leur esprit de coopération, de leur compréhension et de leur amabilité tout au long de la formation.

Pour la partie pratique de l'atelier, nous nous sommes rendus dans la région de Kolda, au sud du Sénégal, et nous nous sommes répartis en trois groupes afin de réaliser trois films pour le projet « Paix et sécurité » de Tostan. Au cours de cette partie de l'atelier, nous avons appris à utiliser des caméras vidéo et du matériel audio de meilleure qualité.
Mon groupe a réalisé un film dans le village de Karcia, à 30 kilomètres de Kolda, sur la résolution des conflits et les mariages interethniques. Le film raconte l'histoire d'un homme, Oumar, et d'une femme, Aissata, issus de groupes ethniques différents ; ils tombent amoureux et souhaitent se marier malgré la résistance de leurs familles. Un mariage entre deux groupes ethniques différents était considéré comme impossible il y a encore dix ans et reste une source de conflit entre les familles et les communautés. Le film que nous avons réalisé montre comment ce type de conflit traditionnel peut être surmonté grâce à l'ouverture d'esprit et à la communication.
Le tournage s'est déroulé en plusieurs étapes. Nous avons commencé par rencontrer le chef du village et l'imam local afin de les informer de nos activités et de nous assurer de leur accord. Pendant cinq jours, nous avons filmé le village et réalisé plusieurs entretiens. Nous avons interviewé le coordinateur du Comité de gestion communautaire (CMC), une mère et sa fille, le couple, ainsi que le grand-père d’Aissata. Mon entretien préféré a été celui avec le grand-père d’Aissata, car il était très drôle et me rappelait l’aîné typique d’un village.
Le plus grand défi du tournage à Karcia a été la réticence initiale, voire le refus, de certains membres de la communauté à se laisser filmer. Une fois que nous leur avons expliqué que l’objectif du film était de présenter Karcia comme un exemple positif de résolution des conflits, la plupart des gens se sont montrés disposés à coopérer. Nous avons également eu du mal à faire taire les enfants du village, très curieux !
Le moment que j'ai préféré pendant l'atelier, c'était le dernier jour de tournage, lorsque nous avons filmé la reconstitution de la première rencontre entre Oumar et Aissata au bord de la rivière. C'était une scène magnifique et pleine de symbolisme de voir ces deux groupes ethniques se réunir autour d'une source naturelle qui assure des moyens de subsistance durables.

Cet atelier a été très important, car il m'a permis, ainsi qu'à d'autres membres de Tostan, de découvrir pour la première fois les concepts fondamentaux de la narration visuelle et d'acquérir de nouvelles connaissances, compétences et techniques grâce aux caméras vidéo Flip.
Grâce à mes nouvelles connaissances et à mes compétences en réalisation cinématographique, je pourrai contribuer à l'élaboration de récits qui pourront être diffusés dans les pays où Tostan intervient ainsi qu'à l'échelle internationale. Je pourrai également partager ce que j’ai appris avec le personnel de Tostan Gambie, contribuant ainsi à l’engagement de Tostan en faveur de la diffusion des connaissances. Je suis convaincu que le renforcement des capacités du personnel local de Tostan dans des domaines tels que la réalisation de films est essentiel pour mener à bien la mission de Tostan, qui consiste à promouvoir le développement durable et à autonomiser les communautés africaines.
Restez à l'écoute pour découvrir les derniers films sur la chaîne YouTube de Tostan !
Cet article a été rédigé par Lamin Fatty, responsable de Tostan en Gambie.
Photos d'Alisa Hamilton, Tostan.
