Cela fait cinq ans que Gnima Diamé n'a pas pratiqué d'excision, le métier que sa mère lui a enseigné.
Originaire de Biñona, en Casamance (Sénégal), Gnima réside à Mbour depuis 1992 et occupe le poste de trésorière de l’Association des anciennes exciseuses de Mbour depuis sa création en 2004. Cette organisation, composée principalement de femmes de l'ethnie mandingue, à l'exception de Gnima qui appartient à l'ethnie diola, mène des actions de sensibilisation aux risques liés aux MGF et soutient les femmes qui ont abandonné leur métier de pratiquante.
L'objectif de ce groupe d'anciennes pratiquantes de l'excision est d'obtenir le statut de groupe d'intérêt économique reconnu par les pouvoirs publics. Ce statut permettra à ces femmes de bénéficier d'une aide financière de la part des organismes de crédit publics et d'autres sources. Parmi leurs autres objectifs figurent la mise en œuvre d'initiatives génératrices de revenus et l'élaboration de programmes de sensibilisation axés sur la santé des jeunes femmes.
Pour Gnima, la décision d’abandonner sa carrière de praticienne de l’excision a été motivée par la prise de conscience des risques sanitaires liés à cette pratique. Cependant, mettre fin à sa carrière a demandé un véritable acte de foi. En 2004, elle a suivi une formation de six mois pour devenir assistante médicale et est désormais certifiée en tant que spécialiste de l’accouchement. Elle recherche actuellement un poste dans le secteur de la santé à Mbour.
Gnima a quatre filles et un fils. Aucune de ses filles n'a subi d'excision, et selon Gnima, elles ne se sentiront jamais obligées de faire exciser leurs propres filles.
Récit de Matthew Manley, bénévole chez Tostan à Mbour, au Sénégal
