Chaque participant à un cours Tostan « adopte » un ami, un voisin ou un membre de sa famille et partage avec lui les nouvelles connaissances acquises pendant le cours. Des activités de sensibilisation sont organisées pour informer l'ensemble de la communauté sur les thèmes du programme, tels que la protection des droits de l'homme ou l'amélioration des pratiques parentales. Des réunions intervillages sont également organisées afin de permettre aux représentants de nombreuses communautés voisines de partager leurs expériences et de discuter de solutions à des problèmes communs.
Les sessions et les contenus du programme CEP sont également diffusés dans le cadre d'émissions régulières sur les radios communautaires et régionales, ce qui permet de faire parvenir des informations importantes à un large public. Ces émissions diffusent des concepts tels que les droits de l'homme, la santé et l'hygiène, ainsi que l'autonomisation des communautés sur les ondes au Sénégal et au Mali, suscitant ainsi des débats sur ces questions dans l'ensemble des pays.
Afin de mieux coordonner les efforts, les comités de gestion communautaire (CMC) mettent en place des équipes de mobilisation sociale composées de membres de la communauté, ou d’agents de mobilisation sociale, spécialement sélectionnés pour leurs compétences en communication et leur engagement en faveur d’un changement social positif. Après avoir suivi une formation dispensée par le personnel de Tostan, ils jouent un rôle important dans la sensibilisation en se rendant dans les communautés de leurs réseaux sociaux afin d’animer des discussions sur des thèmes liés aux droits de l’homme.
Marième Bamba est animatrice en mobilisation sociale au sein de sa communauté de Soudiane, dans la région de Fatick au Sénégal. En participant au programme CEP dans son village entre 2000 et 2002, elle a pris conscience de ses droits fondamentaux ainsi que des conséquences néfastes pour la santé des mutilations génitales féminines (MGF). Sa communauté bambara pratiquait l'EFC depuis longtemps, mais après de nombreux échanges et discussions, elle a décidé de déclarer l'abandon de cette pratique en 1998, avant même de participer au CEP, grâce aux activités de mobilisation sociale mises en œuvre par d'autres membres de la communauté Tostan. Depuis lors, Marième a parcouru tout le Sénégal – en particulier les régions de Kaolack, Fatick et Thiès – pour partager les informations qu’elle a apprises sur les droits humains et les effets néfastes de l’EFC, mobilisant ainsi d’autres personnes à agir.
Lamine Sao, un chef religieux islamique très respecté au sein de sa communauté de Sédhiou, dans le sud du Sénégal, est un autre excellent exemple de mobilisation sociale à l'œuvre. Lamine se rend dans au moins six villages par mois à Sédhiou afin de sensibiliser la population aux droits de l'homme, à la protection de l'enfance, aux grossesses précoces, ainsi qu'à l'abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés.
Grâce au partenariat entre Tostan et Orchid Project, quatre équipes supplémentaires de mobilisation sociale, composées d’hommes et de femmes bénévoles issus des communautés, organisent chaque mois des visites de sensibilisation dans les communautés des régions de Kolda et de Fouta, au Sénégal. Ces équipes animent des discussions sur les droits de l’homme et collaborent pour améliorer leurs stratégies de mobilisation sociale.
Ensemble, toutes ces initiatives de mobilisation sociale visent spécifiquement à maximiser l'impact des connaissances partagées, permettant ainsi à davantage de personnes d'accéder à des informations pertinentes et essentielles à leur bien-être.
« Le programme CEP de Tostan ne peut pas être mis en œuvre dans toutes les communautés [en Afrique]. C'est pourquoi la mobilisation sociale prend le relais par le biais d'émissions de radio, de pièces de théâtre et d'autres activités visant à diffuser l'information. »
Malick Niang, coordinateur de la mobilisation sociale chez Tostan au Sénégal
