Région de l'Upper River, Gambie — En janvier, 51 communautés ont pris part à l'une des deux déclarations publiques appelant à l'abandon des mutilations génitales féminines(MGF) et des mariages précoces ou forcés.
Le 16 janvier, plus de 800 personnes représentant 27 communautés peules ont pris part à une déclaration publique dans le village de Sare Alpha. Vingt des communautés participantes ont pris part directement au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, tandis que sept villages ont été sensibilisés aux droits humains, à la santé et aux risques liés aux mutilations génitales féminines (MGF) et aux mariages précoces ou forcés grâce à la diffusion organisée, un processus par lequel les participants au CEP partagent ce qu’ils ont appris tout au long du programme avec leurs réseaux sociaux. De nombreux participants au CEP ont parcouru de longues distances à pied afin de partager des informations sur les droits humains avec des communautés isolées de la région.
La déclaration a donné lieu à une célébration animée, ponctuée de danses, de chants, d’acclamations et de sketchs sur les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés. Un groupe d’anciennes victimes a symbolisé son engagement à renoncer aux MGF en brandissant devant la foule les instruments utilisés lors de la cérémonie d’excision, puis en les brisant en morceaux, suscitant ainsi les applaudissements enthousiastes du public.
Cette cérémonie a été suivie d'une déclaration publique dans le village de Sare Ngai, le 30 janvier. Vingt-quatre communautés peules – dont vingt avaient participé au CEP – ont déclaré renoncer aux pratiques néfastes. La cérémonie comprenait des prières, des discours prononcés par des responsables communautaires et d'anciennes victimes de l'excision, ainsi que des saynètes.
Les discours prononcés lors de la cérémonie de proclamation ont mis l’accent sur l’importance de la communication. Tout au long du programme CEP, les participants acquièrent les compétences nécessaires pour identifier les causes des conflits au sein de la communauté, ainsi que les stratégies pour y remédier. Ils découvrent également les droits humains garantis à tous les êtres humains, hommes et femmes confondus, par les traités internationaux. En conséquence, les femmes acquièrent la confiance nécessaire pour partager leurs opinions et s'exprimer en public, tandis que les hommes, quant à eux, prennent conscience de la valeur de leurs points de vue. Cette évolution sociale s'est manifestée lors de la déclaration publique. Les femmes leaders de la communauté ont prononcé la plupart des discours, qui ont été accueillis par de vifs applaudissements de la foule.
Tako Bah, représentante d’anciennes pratiquantes de l’excision, a expliqué comment le programme CEP avait fait évoluer sa perception : « Avant, nous mutilions les enfants. Nous constations les complications, comme les hémorragies, mais nous ne savions pas en quoi cela affectait la santé de l’enfant. C’est grâce à Tostan que nous l’avons appris, et personne ne nous a suppliées, soudoyées ou forcées à renoncer à cette pratique. »
Ces deux déclarations ont pu voir le jour grâce à la participation de tous les membres des communautés à un dialogue ouvert et sincère sur les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés, des questions qui, par le passé, n’étaient que rarement, voire jamais, abordées. Ce dialogue a permis aux communautés de prendre conscience que cette pratique constituait non seulement une violation des droits humains de leurs filles, mais qu’elle était également préjudiciable à leur santé. Une fois que les participants ont partagé ces informations avec leurs communautés ainsi qu’avec les villages voisins, ils n’étaient plus disposés à perpétuer cette pratique.
Les déclarations publiques de janvier ont marqué le début d'une série de mini-déclarations qui auront lieu dans la région, en prélude à une déclaration de plus grande envergure prévue en mai 2011 dans la région de l'Upper River.
