Les chefs religieux de Guinée-Conakry publient une déclaration contre les mutilations génitales féminines

Les femmes en Guinée. Les chefs religieux de Guinée-Conakry reconnaissent les effets néfastes des mutilations génitales féminines (MGF) sur les femmes et les filles et appellent à l'interdiction de cette pratique.

Le projet Hope, fruit d'une collaboration entre Pathfinder International, Population Services International (PSI) et Tostan, a organisé les 26 et 27 mai un événement de deux jours consacré à un débat sur l'islam et les mutilations génitales féminines (MGF). Plus de 60 chefs religieux de Guinée-Conakry, tant musulmans que chrétiens, ont pris part aux discussions qui se sont tenues sous le patronage du secrétaire général aux Affaires religieuses, du ministre de la Solidarité nationale pour la promotion des femmes et des enfants, et du ministre de la Santé publique et de l'Hygiène.

Le ministre de la Santé publique et de l'Hygiène, le Dr Rachid Madina, a rappelé aux participants à la table ronde que 96 % des femmes en Guinée subissent une excision, et il a humblement demandé aux chefs religieux de s'engager activement dans les efforts visant à aider le pays à abandonner cette pratique.

Organisées au Centre islamique de Donka, en Guinée-Conakry, ces discussions ont permis aux dirigeants d’harmoniser leur position sur les pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces ou forcés. Une déclaration a ensuite été publiée, condamnant ces pratiques néfastes et appelant les dirigeants politiques du pays à faire de même. À travers cette déclaration, les chefs religieux de Guinée-Conakry ont affirmé leur conviction que l’intégrité physique et mentale d’une fille ou d’une femme est compromise lorsqu’elle subit une excision. 

Pour consulter la liste des recommandations émises par les chefs religieux du pays, qui viennent renforcer le mouvement international en faveur de l'abandon des mutilations génitales féminines, cliquez sur le lien « Lire la suite » ci-dessous.

Conakry, le 27 mai 2010
Le collectif des chefs religieux de Guinée

Que toutes les formes de mutilations génitales soient interdites en Guinée,

Que toutes les confessions religieuses s'unissent pour interdire toute forme de mutilation génitale féminine,

Que les autorités politiques et religieuses de Guinée condamnent fermement toutes les personnes qui pratiquent les mutilations génitales féminines ou qui portent atteinte de quelque manière que ce soit à l'intégrité des organes génitaux féminins,

Que toutes les confessions religieuses diffusent cette information auprès de leurs fidèles et leur demandent de mettre fin à toutes les pratiques néfastes qui portent atteinte à la santé et à l'intégrité physique des femmes sous prétexte d'une obligation religieuse,

Que les autorités politiques et religieuses de Guinée aident les anciens coupeurs à s'intégrer dans une structure génératrice de revenus grâce à des informations et à des formations,

Que les organisations qui se sont associées pour le développement de la Guinée collaborent avec les autorités politiques et religieuses afin de mettre en œuvre les recommandations formulées au cours de ces journées de réflexion, en ce qui concerne les lois religieuses,

Que les religions musulmane et chrétienne ne soient pas des religions qui détruisent le corps humain, mais des religions qui respectent et défendent l'intégrité physique et mentale de leurs fidèles,

Que les autorités politiques et religieuses de Guinée, à l'instar d'autres pays, punissent sévèrement tous les contrevenants en appliquant fidèlement la loi.

Récit de Tostan International, Dakar, Sénégal