Sintcham Laubé et Saré Bacar organisent des réunions intervillages (IVM) et une campagne pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes et des filles

Le 25 novembre, la communauté internationale a lancé les 16 jours d'action contre la violence sexiste. Afin de contribuer à cet effort mondial, Tostan a organisé une série de réunions intervillages en Guinée-Bissau les 10 et 11 décembre, pour coïncider avec la clôture de la campagne et la commémoration de la Journée des droits de l'homme.

Les réunions se sont tenues successivement à Saint-Laubé, Pirada et Saré Bacar, dans la région de Contuboel. L'objectif de ces réunions était de créer un espace de dialogue entre les comités pour la paix et la sécurité (PSC), les coordinateurs, les anciens participants au Programme d'autonomisation communautaire (CEP) et les chefs de village afin de discuter de la situation des femmes depuis le lancement du programme. Leurs discussions ont notamment porté sur le partage de leurs expériences en matière de promotion des droits des femmes au sein de leurs communautés et sur l'élaboration de plans d'action collectifs visant à prolonger la campagne de lutte contre la violence à l'égard des femmes et des filles au-delà des 16 jours. 

Tombon Coly, coordinateur national adjoint, a ouvert les deux réunions en soulignant l'importance de la campagne mondiale visant à mettre fin à la violence sexiste. Deux intervenants ont été invités à chaque événement afin de fournir aux participants les informations nécessaires concernant les avancées et les défis en matière de droits des femmes en Guinée-Bissau. À Sintcham Laubé, Adurahman Fati, président du tribunal régional de Gabu, a évoqué les mécanismes juridiques en place en Guinée-Bissau pour promouvoir les droits des femmes et les protéger contre la violence domestique et sociale. M. Fati a souligné l’importance de la loi contre la violence domestique, qui devrait entrer en vigueur en 2015. Cette loi définit la violence domestique comme des actes infligeant des souffrances physiques, sexuelles et/ou psychologiques, ainsi que des formes directes et indirectes de privation économique. M. Fati a également insisté sur la nécessité pour les communautés partenaires de Tostan de reconnaître la violence physique et psychologique afin de défendre les victimes qui subissent des abus émotionnels au sein de leur foyer.  

 À Saré Bacar, Serifo Sané, administrateur du secteur de Contuboel, a félicité Tostan pour son soutien et sa collaboration avec le gouvernement de Guinée-Bissau dans les régions où celui-ci ne dispose pas des ressources nécessaires pour mettre en œuvre des projets. Il s'est engagé à poursuivre sa collaboration étroite avec Tostan afin de garantir que les résultats escomptés de chaque activité soient pleinement atteints tout au long du programme.    

Tostan a organisé trois séminaires dans le cadre des réunions intervillages afin de faciliter le dialogue entre les participants. Ces séminaires ont été répartis en fonction du rôle joué par chacun des participants au sein de leur communauté. Le contenu des séminaires a été spécialement adapté aux anciens participants du CEP, aux comités de paix et de sécurité (PSC), aux coordinateurs et aux chefs de village. Au cours des séminaires, tous les participants ont pris part à des discussions fructueuses concernant leurs succès dans la promotion des droits et de l’autonomisation des femmes, les défis liés aux normes traditionnelles, et ont partagé des solutions concrètes avec leurs concitoyens issus d’autres communautés. À Sintcham Laubé, les séminaires ont attiré d’autres participants non membres du CEP provenant des zones voisines. L’augmentation du nombre de participants – en particulier des femmes et des adolescents – démontre à quelle vitesse les activités de diffusion organisées par Tostan parviennent à attirer l’attention d’autres communautés en Guinée-Bissau.

Les participants aux séminaires ont généralement convenu que, depuis que leurs communautés avaient mené à bien le CEP, des progrès considérables avaient été accomplis dans la mise en place d’un environnement propice à la participation des femmes aux prises de décision au sein du foyer, au travail et dans la communauté. Tout en reconnaissant que, dans certains cas, les femmes continuent de se heurter aux mêmes problèmes en matière de droits humains au sein de leurs communautés, ils ont réaffirmé leur engagement à renforcer leurs structures de gouvernance locale conformément aux déclarations sur l’égalité pour tous qu’ils avaient adoptées à l’issue du CEP. 

À l'issue des réunions intervillages, les CMC ont convenu de coordonner d'autres activités de diffusion organisée et de mettre en œuvre au moins une action de sensibilisation par mois dans chaque village afin d'encourager davantage les autres communautés à renforcer le rôle des femmes dans leurs mécanismes de prise de décision communautaire. Avec le soutien de la Coordination nationale de Tostan en Guinée-Bissau, les superviseurs et les participants avaient élaboré des plans d'action détaillés sur le thème de l'autonomisation des femmes dans leurs anciens centres CEP et les villages environnants.