En décembre 2013, une étrange maladie a commencé à se propager dans un petit village de Guinée, en Afrique de l'Ouest. Ce n'est que le 21 mars 2014 que cette maladie a été identifiée comme étant le virus Ebola.
Le mois dernier, deux longues années après le début de l'épidémie, la Guinée a enfin été déclarée exempte d'Ebola. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays entre désormais dans une période de 90 jours de surveillance renforcée afin de s'assurer que tout nouveau cas soit rapidement identifié et pris en charge.
Si cette déclaration de l'OMS annonçant la fin de l'épidémie d'Ebola est un immense soulagement, le travail sur le terrain se poursuit. À la fin de l'année dernière, un plan d'intervention psychosociale et de protection de l'enfance a été élaboré par le ministère des Affaires sociales et de la Promotion des femmes et des enfants, en collaboration avec l'UNICEF. Ce plan, qui se poursuivra jusqu'en avril 2016, prévoit un ensemble minimal de services destinés à répondre aux différentes situations des enfants touchés directement ou indirectement par Ebola.
Les30 et31 octobre, 11 actions de solidarité ont été organisées avec les objectifs suivants :
- Pour lutter contre la stigmatisation des victimes du virus Ebola ou des personnes touchées par cette maladie ;
- Afin de renforcer l'intégration des personnes touchées par le virus Ebola au sein de leurs communautés ;
- Fournir un cadre permettant aux comités villageois de protection de l'enfance (CPVC) de discuter avec les communautés de la poursuite des ateliers psychosociaux après la réouverture des écoles.
Chacun des 11 comités de parents d'élèves a organisé sa propre campagne de solidarité, tandis que Tostan a versé une contribution financière d'un million de francs guinéens (1 000 000 FG) à chaque comité.
Ces campagnes revêtent une importance capitale pour les communautés. Selon Bakary Oulare, chef du quartier Abattoir II dans la commune de Faranah, « la solidarité est une valeur ancestrale positive qui n’a pas de prix. Quels que soient les moyens dont disposent les personnes en détresse, la solidarité reste le moyen le plus approprié pour lutter contre la stigmatisation et l’isolement. »
Composées de discours de bienvenue prononcés par les autorités locales, de témoignages de personnes touchées par le virus Ebola, de sketchs, de chants et de danses traditionnelles, ces campagnes ont attiré un large public, rassemblant à ce jour plus de 4 700 participants, dont plus de 2 800 femmes.
Un large éventail d'acteurs communautaires participe à ces campagnes, notamment : des chefs traditionnels, des imams, des responsables de mouvements de jeunesse, des présidentes d'associations de femmes, des membres des Conseils locaux pour l'enfance et la famille (LCCF) et du CPVC, des représentants des pouvoirs publics, des directeurs d'école, des travailleurs sociaux et des stations de radio rurales (un média très important en Afrique de l'Ouest). La présence de ces acteurs communautaires clés témoigne de leur solidarité envers les personnes touchées par le virus Ebola.
Se remettre d'une perte ou d'une maladie prend du temps, tout comme surmonter les craintes persistantes ou la stigmatisation dont sont victimes les nombreuses personnes touchées par un virus tel qu'Ebola. Mais grâce au dialogue communautaire, à l'apprentissage et à la mobilisation, non seulement la population guinéenne pourra se relever, mais elle sera mieux préparée à faire face à tout nouveau défi sanitaire qui pourrait se présenter à l'avenir.
Contributions de Mouctar Oularé
