#Tostan30 : Diatou Ndiaye, une animatrice passionnée

« Jem’appelle Diatou Ndiaye et je travaille chez Tostan depuis 1996. J’ai été animatrice pendant de nombreuses années et j’ai également occupé un poste de superviseure. En tant qu’animatrice, j’ai animé les cours du Programme d’autonomisation communautaire (CEP) pendant trois ans, en suivant un processus en trois étapes :

  • Dans le cadre du programme Kobi I (« préparer le terrain » en mandingue), les participants discutent de démocratie, de droits de l'homme, de résolution de problèmes et
  • Kobi II traite des questions de santé et d'hygiène
  • Dans le cadre du programme Aawde (« semer la graine » en pulaar), ils acquièrent des compétences en lecture, en écriture, en calcul et en gestion de projet.

L'ensemble du programme scolaire repose sur les droits de l'homme. 

 

Pour être un animateur efficace, il faut vivre au sein du village. J’ai vécu au sein de la communauté pendant ces trois années. J’ai pris part à toutes les activités de leur vie quotidienne, et je dirige aujourd’hui le CEP de Keur Simbara, un village situé près de Thiès, au Sénégal. Il faut s’adapter à la réalité et à la culture locales. Sans cela, on ne gagnera pas leur confiance. Une fois que l’on fait partie de la communauté, on fait partie intégrante du village. 

 

Un superviseur est chargé de superviser sept villages répartis dans deux communes rurales différentes. Je me rendais dans chaque village deux fois par mois pour assister aux cours et aider l'animateur, suivre les progrès réalisés et observer comment les choses avançaient, comment les informations étaient transmises… À ce poste, j'ai également tissé des liens avec ces villages en passant du temps avec leurs habitants.

 

Je suis passionné par mon travail : cela fait 26 ans que je travaille chez Tostan parce que j'aime ce que je fais. Pourquoi ? C'est la vie en communauté, les changements positifs que l'on constate dans les domaines de l'économie, de la société et de l'environnement. Et c'est pour cette raison que je continue à travailler chez Tostan et que j'approfondis même mes compétences.

 

Avant de commencer à travailler comme animatrice, j’ai été bénévole pendant quatre mois chez Tostan. Je me trouvais dans un village isolé : des chemins de terre, pas d’électricité, pas d’eau courante. Je me suis portée volontaire parce que je voulais apprendre à enseigner la lecture et l’écriture en wolof. Je n’avais jamais vu cela auparavant et cela m’intriguait. Pendant cette période, j’ai assisté à des cours dispensés par la fille de l’imam. En plus d’animer les sessions du CEP, j’assiste le Comité de gestion communautaire lors de ses réunions mensuelles et dans l’élaboration de ses plans d’action trimestriels, et j’accompagne Keur Simbara dans la mise en œuvre de ses activités prévues. 

 

 

Ce récit a été rédigé dans le cadre du 30e anniversaire de Tostan. Trente récits seront publiés en 2021 pour célébrer la formidable famille Tostan. C'est pour nous une façon de rendre hommage aux communautés et aux leaders locaux, ainsi qu'à nos équipes, nos partenaires, nos réseaux, nos donateurs et à tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette aventure.