« Youth for Youth Education » : caravane de sensibilisation aux pratiques traditionnelles néfastes à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse

À l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse, le 12 août 2014, une caravane de quatre jours organisée par des jeunes s'est déroulée dans la région de Sédhiou, au Sénégal. Elle visait à donner la parole aux jeunes afin de sensibiliser les communautés aux conséquences néfastes des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés, et à encourager les membres de la communauté à engager le dialogue sur ces pratiques. La caravane a touché près de 400 personnes dans neuf villages.

Les activités animées par les jeunes comprenaient des sketchs et des chants destinés à illustrer les thèmes de l'excision et des mariages forcés d'enfants. Avec le soutien des animateurs de Tostan, Abdoulaye Kébé et Oumar Pam, les jeunes ont également animé un forum de discussion, encourageant les autres participants à la caravane à partager leurs points de vue sur les sujets abordés.

Le deuxième jour, nous avons visité le village de Nimzat, où plusieurs surprises nous attendaient ; tout d'abord, les participantes se sont mises à chanter et à danser. L'une d'entre elles, Fatou Ndiaye, a prononcé un discours émouvant dans lequel elle a déclaré qu'elle renoncerait aux mutilations génitales féminines en raison de leurs conséquences néfastes ; aussitôt après, elle s'est mise à danser et à chanter, incitant les autres participantes à la rejoindre.

Ces tournées sont également l’occasion d’entendre les témoignages expliquant pourquoi certaines communautés continuent de pratiquer des coutumes néfastes telles que les mariages précoces ou forcés. Dans le village de Diendé, par exemple, Néné Djité a expliqué qu’autrefois, les filles ne se mariaient pas avant l’âge de 17 ans au moins. Aujourd’hui, cependant, les filles tombent enceintes à un âge bien inférieur à 17 ans ; c’est pourquoi les parents ont recours au mariage précoce de leurs filles pour éviter les grossesses précoces hors mariage et la honte qui en découle pour la famille. Elle a admis que le mariage des enfants n'était bon ni pour les filles ni pour les garçons et qu'une façon de résoudre ce problème consistait à ce que les parents aient des discussions franches à ce sujet avec leurs filles et leurs fils. Les jeunes participants ont également approfondi leurs connaissances sur les mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage des enfants ou forcé, notamment en ce qui concerne le droit à la santé.

 Dans l'ensemble, les actions de sensibilisation menées par les participants à la caravane se sont avérées fructueuses ; parmi les neuf villages présents, les cinq qui n'avaient jamais bénéficié du Programme d'autonomisation communautaire (CEP) de Tostan se sont montrés impatients d'accueillir Tostan et son programme dans leurs villages.

 Récit de Wendy Bongjoh, bénévole régionale à Kolda, Tostan