Parce que nous sommes des femmes : faire preuve de solidarité à l'occasion de la Journée internationale des femmes avec ONU Femmes

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Sur les terres poussiéreuses de Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar, au Sénégal, des centaines de femmes et d’hommes se sont rassemblés pour célébrer la Journée internationale des femmes, le 8 mars. L’ambiance de cet événement, organisé par ONU Femmes, était à la fête, avec des musiciens, des chanteurs et des danseurs. J’ai eu l’honneur d’y participer aux côtés d’autres membres de l’équipe de Tostan.

Une banderole signée par des femmes de la région appelle à mettre fin à la violence domestique.

Le thème de la journée était « Une promesse est une promesse : il est temps d’agir pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». Certaines des femmes présentes brandissaient des pancartes appelant à mettre fin à la violence sexiste, tandis que beaucoup d’autres arboraient des banderoles d’ONU Femmes. En attendant le début des discours, j’ai demandé à certaines d’entre elles pourquoi elles avaient souhaité participer à cet événement.

Marème Sow était venue avec une délégation d’une organisation appelée COFLEC ( le Collectif des femmes contre l’émigration clandestine). Marème défend les intérêts des immigrées en Espagne. Elle m’a confié que, pour beaucoup de ces femmes, la violence sexiste est une réalité quotidienne. Plus tard, la présidente du COFLEC a expliqué à l’auditoire que les effets de cette violence ne sont pas seulement physiques, mais aussi psychologiques. Elle a souligné que les femmes ne bénéficient malheureusement que de peu de soutien pour les aider à reconstruire leur vie après avoir subi des violences sexistes.

Khady Ba, présidente de l'Association des femmes handicapées de Guédiawaye.

Khady Ba, présidente de l'Association des femmes handicapées de Guédiawaye, est venue exprimer sa conviction que les femmes en situation de handicap ont à la fois les mêmes droits et les mêmes difficultés que les femmes valides. Elle a déclaré qu'elles devaient s'efforcer de surmonter les difficultés qu'elles partagent avec toutes les femmes, ainsi que celles liées à leur handicap.

Si la plupart des femmes présentes à l'événement étaient venues en groupe, en tant que membres d'associations, certaines s'étaient rendues sur place à titre individuel. Une habitante du quartier, Maymana, est venue manifester son soutien à la lutte contre les violences sexistes, car elle en constate chaque jour les conséquences néfastes dans son quartier.

Un grand nombre de lycéennes enthousiastes étaient également présentes. Un groupe a déclaré avec ferveur qu’à son avis, chaque jour devrait être la Journée de la femme, avant de scander en français le slogan du jour : « Il est temps de mettre fin à la violence à l’égard des femmes. »

Un groupe de collégiennes ravies de participer aux festivités.

Les discours prononcés par des représentants du gouvernement ainsi que par des personnalités de la société civile ont mis en lumière le thème de la journée. Les intervenants ont souligné le fait que la violence sexiste reste un problème au Sénégal, malgré les récentes avancées législatives. Elle peut se produire à la maison, au travail ou dans la rue. Il ne s’agit bien sûr pas d’un problème propre au Sénégal, mais d’un phénomène observé dans tous les pays du monde et qui touche les femmes de toutes les origines ethniques, de tous les âges et de toutes les classes sociales.

Malgré les différences entre les femmes et les jeunes filles à qui j'ai parlé lors de cet événement, elles partageaient toutes un sentiment commun : elles étaient venues parce qu'elles avaient pris conscience que les problèmes auxquels les femmes sont confrontées sont universels. Elles étaient venues, m'ont-elles dit, simplement parce qu'elles sont des femmes.

Article et photos de Shona Macleod, assistante en communication chez Tostan International.