Le 17 juillet 2014, vingt villages, dont dix ayant participé directement au Programme d'autonomisation communautaire (CEP) et dix villages parrainés, se sont réunis pour une rencontre intergénérationnelle dans le village de Soumboundou, dans la région de Sédhiou, au sud du Sénégal. Ces rencontres intergénérationnelles permettent aux participants adultes et aux jeunes du CEP de se rencontrer, d'échanger des idées et de discuter de certaines questions.
L'événement s'est déroulé pendant le mois du ramadan, période durant laquelle les activités sont moins nombreuses en raison du manque d'énergie lié au jeûne. Cette rencontre a toutefois été très animée, avec la participation de plus de 100 personnes ; la journée a été ponctuée de discours, de témoignages et de diverses autres activités.
L'une des premières animations de la journée consistait en un sketch sur les effets néfastes des mutilations génitales féminines (MGF), présenté par des jeunes et des adultes du village de Soumboundou, dans le but d'encourager l'abandon de cette pratique. Cette animation a été suivie d'une séance de travail au cours de laquelle les participants ont eu l'occasion de réfléchir au thème des MGF et d'échanger des idées et des connaissances afin d'approfondir leur compréhension de cette pratique.
D'après les témoignages des participantes, nous avons constaté que ces activités visaient à les sensibiliser aux dangers de l'excision et à approfondir leurs connaissances sur le sujet. Awa Sow a déclaré que cette rencontre l'avait aidée à mieux comprendre les conséquences néfastes de l'excision, qu'elle est désormais capable d'énumérer une à une, et elle en est reconnaissante à Tostan.
Les adolescents présents ont également manifesté un soutien massif à l'abandon des mutilations génitales féminines (MGF), des mariages précoces ou forcés, ainsi qu'à la promotion de l'éducation des filles. Parmi les partisans de cette cause figure Diara Faty, qui a déclaré que les filles subissaient ces mutilations sans en avoir été informées au préalable. Elle considère l'éducation comme une solution indispensable et estime que les filles devraient désormais bénéficier d'opportunités dont leurs mères n'ont pas pu profiter. Elle a encouragé les parents à permettre à leurs filles de poursuivre leurs études. Ses propos ont été accueillis par les applaudissements et les acclamations de la foule.
La journée s'est terminée par une allocution de Sankoung Sagne, maire de la commune de Sédhiou, dans le département d'Oudoucar, dont ce discours marquait également la première apparition officielle. Il a saisi cette occasion pour affirmer son engagement en faveur de la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF). Il a expliqué qu'à un moment donné, les gens étaient quelque peu désorientés car ils pensaient que Tostan représentait la loi ou le gouvernement. Il a toutefois souligné que Tostan cherchait uniquement à informer les communautés sur la loi et laissait celles-ci décider par elles-mêmes. Il a conclu en saluant le travail de Tostan et en exprimant son espoir que la communauté d’Oudoucar poursuive sur la voie du développement.
