Le6 juin 2013, 25 comités de gestion communautaire (CMC) de Mauritanie ont traversé le fleuve pour se rendre au Sénégal, accompagnés de représentants du gouvernement mauritanien, afin de participer à une réunion transfrontalière avec des membres de la communauté sénégalaise. Cette réunion, organisée pour discuter de la violence sexiste, a rassemblé des membres de réseaux sociaux transfrontaliers interconnectés afin de partager ce qu’ils ont appris grâce au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan et de travailler ensemble pour trouver des moyens d’améliorer la vie dans leurs communautés.
Les membres des CMC des deux pays se sont réunis dans le village de Waladé, dans la région du Fouta, au nord du Sénégal, et ont ouvert la réunion par une lecture du Coran prononcée par un chef religieux local. Trois coordinateurs de CMC mauritaniens ont ensuite expliqué à l’assemblée comment ils avaient mis à profit ce qu’ils avaient appris dans le cadre du CEP pour apporter des changements positifs dans leurs villages, en s’appuyant sur les principes des droits de l’homme et leurs nouvelles connaissances en matière de démocratie, de résolution de problèmes, de santé et d’hygiène. Demba Diop, coordinatrice du CMC du village de Mbagne, a expliqué comment, grâce au programme, les habitants de son village avaient appris « l’importance de vacciner les enfants, comment préparer une solution de réhydratation orale, les conséquences néfastes des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces ou forcés, ainsi que les droits des femmes et des enfants ».
Des représentants des CMC du Sénégal se sont ensuite levés pour évoquer les changements qu'ils avaient constatés depuis le début du programme. Diariata Diop, membre d'un CMC de Waladé, a souligné à quel point elle appréciait la contribution du programme Tostan à la promotion de l'alphabétisation ainsi qu'au renforcement du respect envers les femmes et les enfants dans toute la région.
Les membres des communautés des deux pays se sont ensuite répartis en plusieurs groupes mixtes, composés à la fois de Mauritaniens et de Sénégalais, afin de discuter de la violence sexiste, de son impact sur le bien-être de leurs communautés et des solutions possibles à ce problème.
Au terme de longues discussions, chaque groupe a fait part de ses réflexions, mettant en lumière de nombreux problèmes liés au genre rencontrés au sein de leurs communautés : familles nombreuses, pauvreté, espacements courts entre les naissances, mutilations génitales féminines et mariages précoces ou forcés. Après avoir donné des exemples concrets de la manière dont ces problèmes affectaient leurs communautés, chaque groupe a ensuite expliqué comment ses CMC prévoyaient de s’attaquer à ces problèmes par le biais de campagnes de sensibilisation sur la santé et les droits humains, en organisant des représentations théâtrales pour informer les membres de la communauté sur ces questions, et en organisant des réunions inter-villages supplémentaires pour partager leurs connaissances et leurs expériences.
Pour en savoir plus (en français) sur cette réunion transfrontalière de la CMC, consultez le journal en ligne mauritanien CRIDEM et l'article du journaliste Abdoulaye Dia.
