Chaque vendredi, nous vous présenterons l'histoire d'un membre de l'équipe Tostan. Les nombreuses personnes qui contribuent à Tostan apportent chacune leur propre vision du développement communautaire et mettent à profit leurs talents et leurs connaissances de manière décisive pour rendre nos programmes possibles. Cette semaine, découvrez Penda Mbaye et comment elle participe à la création d'un nouveau programme novateur destiné aux parents et aux enfants.
« Mais je parle déjà le wolof ! Qu’est-ce que ce programme peut m’apporter ? » demanda Penda Mbaye à une de ses amies. Penda se sentait déprimée. Elle venait d’abandonner ses études et cherchait une nouvelle voie. Le programme qu’elle est allée découvrir dans sa ville natale de Thiès, au Sénégal, était le Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan.
Depuis ce jour, Penda travaille avec Tostan et a acquis de nombreuses compétences : elle est aujourd’hui experte en éducation aux droits de l’homme et en développement communautaire, et elle est capable d’enseigner la lecture et l’écriture en wolof, sa langue maternelle. Aujourd’hui, 19 ans plus tard, Penda s’appuie sur ses connaissances et son expérience de terrain pour contribuer au tout dernier programme de Tostan, le module « Renforcement des pratiques parentales » (RPP) du CEP. Dans le cadre de ce module, elle a travaillé en étroite collaboration avec le psychologue Ibrahima Giroux pour développer un programme qui encourage les parents à avoir des interactions verbales plus stimulantes avec leurs enfants, favorisant ainsi le développement cérébral et offrant aux enfants une longueur d’avance dans leur éducation. Mener un programme fondé sur les dernières recherches en matière de développement de l’enfant dans les zones rurales d’Afrique de l’Ouest ne serait pas possible sans la capacité à collaborer avec les leaders communautaires et à intégrer les concepts fondamentaux des droits de l’homme dans leur approche.
Penda a acquis ces compétences au fil des années, en surmontant les difficultés rencontrées en chemin. Le village de Keur Mbaye Guèye, dans la région de Thiès au Sénégal, a été le premier lieu d’affectation de Penda en tant qu’animatrice. « En grandissant, on nous racontait plein d’histoires sur la vie au village, certaines juste pour nous faire peur ! Au début, je me réveillais au moindre bruit, pensant qu’il s’agissait d’un serpent », a-t-elle avoué lors de notre entretien. Peu à peu, se souvient-elle, elle s’est habituée à la vie du village. « Je vivais avec une famille très gentille, et beaucoup de villageois s’intéressaient à ce que j’enseignais. Je voyais souvent des femmes se rendre en cours en passant devant ma porte bien plus tôt que nécessaire. J’étais très motivée ; j’avais l’impression de pouvoir vraiment contribuer à la communauté et de l’aider à améliorer son sort. » Penda ressent toujours un lien particulier avec Keur Mbaye Guèye : chaque fois qu’elle est en mission dans les environs, elle ne manque pas de s’y arrêter juste pour dire bonjour.
Au fil des ans, Penda a occupé le poste de superviseure du programme CEP, formant et encadrant les nouveaux animateurs ; elle a participé à la mise en œuvre de plusieurs nouveaux projets sur le terrain ; puis elle est devenue responsable nationale du programme Tostan au Sénégal. Son rôle était très vaste et essentiel pour le programme, comme elle le décrit : « Je supervisais le programme CEP dans tout le Sénégal. J’avais l’impression d’être constamment sur le terrain, mais cela ne me fatiguait pas. Les communautés avec lesquelles nous travaillions débordaient d’énergie, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire la connaissance de personnes partout au Sénégal. J’ai pu apprendre comment fonctionnait le projet dans ses moindres détails, et comment les communautés percevaient le programme. »
Penda, qui travaille actuellement sur le module « Renforcement des pratiques parentales », a veillé à ce que ce nouveau programme vienne compléter le CEP et s'appuie sur ce que les communautés ont déjà appris. Elle a insisté sur ce point en déclarant : « Ce projet repose sur la connaissance des droits de l'homme. On ne peut même pas parler des enfants sans parler de leurs droits. C’est pourquoi il est si important de travailler avec des communautés qui les connaissent déjà. » Le respect des droits des enfants aide les parents à soutenir la réussite de leurs enfants. Elle poursuit en expliquant : « Le module de renforcement des pratiques parentales et le CEP sont tous deux essentiels pour soutenir les enfants. Si les droits des enfants ne sont pas respectés, leurs chances de réussir à l’école sont considérablement réduites. Le CEP contient de nombreuses stratégies pour promouvoir leurs droits. » Grâce aux nouvelles stratégies du module RPP, les parents et les enfants peuvent mettre en pratique ces leçons et passer à l’étape suivante.
Entretien réalisé par Matthew Boslego, assistant en communication chez Tostan.
