Lutter contre le paludisme en Guinée-Bissau : comment des communautés autonomes sauvent des vies

Au cœur de la région de Bafata, en Guinée-Bissau, un exemple marquant de changement impulsé par la communauté est en train de transformer des vies. Grâce à des leaders comme Maimuna Djau et au Comité de gestion communautaire (CMC) de Tabato, une récente campagne de vaccination contre le paludisme montre comment l’éducation aux droits de l’homme donne aux communautés les moyens de prendre en main leur bien-être, en transformant les connaissances en actions qui sauvent des vies.

Le paludisme reste une menace, causant plus de 600 000 décès chaque année dans le monde, les enfants africains de moins de cinq ans étant touchés de manière disproportionnée, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En Guinée-Bissau, où le paludisme représente plus de 22 % des consultations médicales, la prévention revêt un caractère d'urgence absolue. Face à cette situation, le ministère de la Santé publique a lancé une campagne nationale de vaccination ciblant les enfants âgés de 0 à 9 ans.

À Tabato, cette initiative s'est transformée en une mission menée par la communauté. Forts des connaissances acquises grâce au Programme d’autonomisation communautaire (CEP), les membres du CMC ont directement mobilisé les familles, en soulignant que la vaccination des enfants est un droit fondamental et une étape cruciale pour mettre fin aux décès évitables.

L'histoire de Maimuna Djau illustre le rôle essentiel que jouent les individus dans le changement social. D'abord réticente à l'idée de faire vacciner ses enfants, elle a changé d'avis après avoir assisté aux sessions de sensibilisation aux droits de l'homme organisées par Tostan. 

« J'ai compris que vacciner mes enfants, c'est respecter leur droit à la santé », confie-t-elle.

Maimuna Djau et ses enfants lors de la campagne de vaccination. Tostan Guinée-Bissau 2024

Maimuna ne s'est pas contentée de changer ses propres convictions. Elle s'est faite la porte-parole de cette cause, organisant des réunions communautaires et s'adressant aux mères qui partageaient ses préoccupations initiales. En collaboration avec des responsables du CMC tels qu'Aladje Baio, elle a rappelé aux familles les conséquences dévastatrices du paludisme sur leur communauté.

Son leadership a porté ses fruits. Le jour de la vaccination, les efforts de Maimuna ont permis d’assurer une forte participation, contribuant ainsi à la vaccination de 111 enfants — 60 filles et 51 garçons. Ce succès montre comment des personnes autonomisées peuvent mobiliser leurs communautés, transformant l’éducation en action collective et en résultats qui sauvent des vies.

L'histoire de Tabato illustre la force du leadership local. En favorisant une compréhension approfondie de la santé en tant que droit humain, l'approche de Tostan donne aux communautés les moyens de prendre en main leur bien-être.

En Guinée-Bissau et ailleurs, ces initiatives menées par les communautés ne se contentent pas de lutter contre le paludisme : elles contribuent également à forger un héritage de résilience, d'autonomisation et d'espoir.