Premier jour — Alors que l'année 2015 touche à sa fin, des percussionnistes, des représentants du gouvernement et des membres de la communauté se pressent le long de la route poussiéreuse. Sourires, musique et salutations accompagnent les quelque 350 jeunes qui marchent ensemble, lentement, à travers la région du Haut-Fleuve (URR) au Gambie. Leurs yeux reflètent leur détermination alors qu'ils se lancent dans leur mission en faveur des droits de l'homme.
Ce groupe de plus de 300 jeunes a fièrement participé à la Caravane et au Forum annuels de la jeunesse en Gambie, du 25 au 31 décembre. Ils se sont rendus à pied dans six villages peuls afin de rassembler leurs pairs et leurs aînés pour une discussion ouverte sur les droits humains et les responsabilités des jeunes.
Ces jeunes ont participé activement au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, où ils ont découvert les droits de l’homme et les responsabilités qui en découlent. Ils ont ensuite mis à profit cette caravane pour partager et approfondir les bonnes pratiques, les compétences et les nouvelles connaissances acquises lors des cours du CEP. En faisant la démonstration de leurs nouvelles compétences auprès d’autres communautés de la région, ils espèrent s’impliquer davantage dans la prise de décision et encourager une participation plus large des autres jeunes de la région.
Afin de partager leurs expériences avec leurs parents, leurs pairs et les autorités locales dans chacun des villages visités au cours de l'événement, les jeunes participants ont présenté des exposés sur les droits de l'homme et les responsabilités qui en découlent, tout en expliquant leur importance, en particulier pour la jeunesse. Ils ont également eu recours à des sketchs et à des témoignages personnels pour montrer en quoi ces droits sont pertinents dans la vie des jeunes. Ces interventions ont abordé les problèmes urgents touchant chaque communauté et la manière de travailler ensemble pour les résoudre. Afin de célébrer les droits de l'homme et l'engagement des jeunes, la caravane a organisé une soirée culturelle avec des spectacles à chaque étape du parcours.
Septième jour — la fin de la caravane approche alors que les jeunes marchent de Sare Gubu Muntaga à Sare Gubu Basiru. Le chef du village, Alagie Demba Bah, accueille ses visiteurs chez lui, où il a choisi d’organiser le forum qui clôt la caravane de cette année. Il ouvre la séance en déclarant qu’il s’agit là d’« une réunion importante dans l’histoire de mon village et de l’ensemble du district de Sandu. L’intervention de Tostan dans la région de l’URR est une bénédiction, car elle a contribué à l’amélioration des conditions de vie des habitants de mon village, en particulier des femmes et des enfants. » Il exhorte les jeunes à poursuivre les activités du programme, en tant que futurs leaders de leurs communautés.
Peu après l'intervention du chef Bah, Hawa Jawo, une participante de Sotuma Samba Koi, a présenté le manifeste des jeunes de son groupe. Ce manifeste mettait en avant cinq droits humains fondamentaux : le droit à l'alimentation, à l'emploi, à des infrastructures de loisirs, à un environnement sain et à la protection de l'enfance [contre les pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines et le mariage des enfants].
Le chef Bah revient sur les changements positifs qu’il a observés au sein de sa communauté et de sa région : les comités de gestion communautaire de Tostan règlent les conflits familiaux, conjugaux et intercommunautaires, les jeunes participent aux réunions décisionnelles et les femmes ont trouvé leur voix dans la sphère publique. Il remercie les jeunes d’assumer leurs responsabilités en partageant leurs connaissances, et les met au défi de maintenir cette dynamique. Après tout, souligne-t-il, le partage des connaissances est une noble contribution au développement national.
Une chose est sûre : l'ambiance est pleine d'espoir et le moral est au beau fixe.
Contributions d'Edrisa Keita et de Lamin Fatty
