Mamadu, 18 ans : l'étudiant qui fait avancer l'éducation dans son village

À Sintcham-Ieroba, un petit village du secteur de Cossé, dans la région de Bafatá en Guinée-Bissau, Mamadu Djau, 18 ans, commence sa journée comme beaucoup d’autres élèves : en se rendant en cours. Mais dès la fin des cours, Mamadu se met au travail pour la communauté. En tant que délégué à l'éducation du Comité de gestion communautaire (CGC), il aide à suivre l'assiduité scolaire des enfants, organise des journées de nettoyage et encourage ses camarades à rester à l'école. Son sens des responsabilités dépasse largement son âge.

« Les enseignements de Tostan façonnent ma façon de penser et mon comportement. Ce sont des outils précieux pour la vie », dit-il. « Nous, les jeunes, devons tirer le meilleur parti de cette opportunité et la transmettre aux générations futures. Un jour, Tostan ne sera peut-être plus là, et ce sera à nous de guider notre communauté. »

La détermination discrète de Mamadu reflète un changement qui s'opère actuellement en Guinée-Bissau : une génération de jeunes qui s'impose comme le trait d'union entre ce que les communautés ont accompli et ce qu'elles espèrent préserver.

Les jeunes au cœur du changement

La Guinée-Bissau compte l'une des populations les plus jeunes au monde. L'âge médian n'est que de 19 ans, et près de 47 % de la population a moins de 19 ans, dont plus de la moitié vit en milieu rural. Pour que le développement soit durable, les jeunes doivent être associés à toutes les décisions qui façonnent leurs communautés.

Conscient de cela, Programme de Renforcement des Capacités Communautaires (PRCC) de Tostan, mis en œuvre dans le cadre du projet « Bright Professional Opportunities and Youth and Women’s Empowerment for Community-Led Sustainable Development » (BPOE), veille à ce que les jeunes ne soient pas seulement des participants, mais aussi des acteurs clés de la gouvernance communautaire.

Dans les 40 communautés partenaires de la région de Bafatá, les jeunes ont endossé des rôles clés au sein des comités de gestion communautaire (CGC), qui coordonnent les actions collectives dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'environnement et de la création de revenus.

Apprendre à diriger ensemble

Chaque CGC 19 membres répartis au sein de sous-comités chargés notamment de la santé, de l'éducation, de la paix et de la sécurité, ainsi que des activités génératrices de revenus. Cette structure participative favorise l'inclusion, permettant ainsi aux aînés, aux femmes et aux jeunes d'apporter leur contribution.

Mamadu fait partie de ceux qui se sont engagés très tôt. Grâce aux sessions du CEP animées dans les langues locales, il s'est familiarisé avec Droits Humains, la prise de décision collective et la responsabilité. Il a rapidement mis en pratique ces enseignements au sein du CGC, en assumant des rôles de direction qui allient éducation, participation communautaire et durabilité à long terme.

Chaque CGC 19 membres répartis au sein de sous-comités chargés notamment de la santé, de l'éducation, de la paix et de la sécurité, ainsi que des activités génératrices de revenus. Cette structure participative favorise l'inclusion, permettant ainsi aux aînés, aux femmes et aux jeunes d'apporter leur contribution.

Mamadu fait partie de ceux qui se sont engagés très tôt. Grâce aux sessions du CEP animées dans les langues locales, il s'est familiarisé avec Droits Humains, la prise de décision collective et la responsabilité. Il a rapidement mis en pratique ces enseignements au sein du CGC, en assumant des rôles de direction qui allient éducation, participation communautaire et durabilité à long terme.

Pour moi, le leadership, c'est l'action, pas les paroles. Lorsque nous participons au nettoyage de l'école ou à la collecte de données sur les élèves, nous montrons que l'éducation nous concerne tous, et pas seulement les enseignants ou les parents.

Une nouvelle génération d'alliés

Pour Aissatu Seidi, coordinatrice du CGC Sintcham-Ieroba, la participation des jeunes a bouleversé le rythme de la prise de décision locale.

Grâce à Tostan, nous avons pris conscience de notre valeur. Aujourd’hui, nous jouissons de nos droits et vivons dans l’espoir. Avant, nous ne pouvions pas exprimer nos opinions ni prendre de décisions concernant notre propre vie ; tout était décidé par nos maris. Aujourd’hui, grâce aux enseignements de Tostan et au soutien de jeunes comme Mamadu, nous construisons une communauté plus juste, plus participative et plus consciente. Mamadu Djau, par exemple, est toujours présent lors des séances de sensibilisation pour renforcer nos messages, notamment dans le domaine de l’éducation.

Ses propos montrent comment la collaboration intergénérationnelle entre les femmes et les jeunes est en train de redéfinir le leadership au sein de communautés qui, autrefois, excluaient ces deux groupes.

Pérenniser le changement au-delà du programme

D'après les données recueillies dans le cadre du projet BPOE, les 40 CGC de la région de Bafatá comptent désormais 760 membres, dont 235 jeunes, 162 filles et 73 garçons. Bien que les garçons soient encore moins nombreux, leur implication est essentielle. Ensemble, ces jeunes poursuivent le travail entamé par les générations précédentes de responsables communautaires.

En gérant des fonds collectifs, en organisant des séances d’alphabétisation et en coordonnant des projets communautaires, des jeunes comme Mamadu veillent à ce que le progrès ne repose pas uniquement sur une aide extérieure. Il s’inscrit ainsi dans un processus local vivant, porté par ceux qui considèrent cette communauté comme leur foyer.

Une voix pour l'avenir

À Sintcham-Ieroba, Mamadu est connu non seulement pour son dynamisme, mais aussi pour son humilité discrète, ce qui nous rappelle que le leadership peut être à la fois constant et partagé.

Nous, les jeunes, devons saisir cette chance et la transmettre aux générations futures. Un jour, Tostan ne sera peut-être plus là, et ce sera à nous de guider notre communauté.