Depuis qu'elle a rejoint l'équipe de Tostan en tant qu'animatrice en 2007, Fatoumata Abdoulaye Basse a vécu dans deux villages différents de la région de Boghé, au sud de la Mauritanie, où elle a animé l'intégralité du Programme d'autonomisation communautaire (CEP). Les animateurs, comme Fatoumata, constituent le maillon essentiel entre le programme Tostan et nos communautés partenaires. Ils animent des sessions de cours du CEP sur des thèmes tels que les droits de l'homme, la résolution de problèmes, la santé et l'hygiène, l'alphabétisation et le calcul, et aident les comités de gestion communautaire (CMC) à acquérir les compétences nécessaires pour mener leurs propres projets de développement. Recrutés localement, les animateurs parlent couramment la langue de leur communauté et possèdent une connaissance approfondie de la culture locale, ce qui leur permet d'expliquer des sujets importants d'une manière pertinente pour les participants.
De 2010 à 2013, Fatoumata a travaillé au sein de la communauté de Boghé Dow, qui a achevé le programme CEP de trois ans à la fin du mois d’octobre, tout comme 29 autres communautés en Mauritanie. En tant qu’animatrice, elle s’intéresse tout particulièrement à la promotion de la santé communautaire, et sa devise, qu’elle répète souvent, est : «Il vaut mieux prévenir que guérir ».
Depuis qu’elle est à Boghé Dow, Fatoumata a vu la communauté se mobiliser de multiples façons pour promouvoir les droits humains. Elle explique : « Depuis le début du programme, j’ai constaté un grand changement ici. Les gens comprennent vraiment que l’éducation des filles est importante aujourd’hui. De plus, avant, les habitants de ce village ne savaient pas comment prévenir les maladies ni ne connaissaient les gestes de premiers secours, mais maintenant ils ont beaucoup appris. » Par ailleurs, le mois dernier, Boghé Dow et 200 autres communautés ont déclaré publiquement, lors d’une cérémonie organisée dans la ville d’Aleg, qu’elles renonçaient aux pratiques néfastes que sont les mutilations génitales féminines et les mariages précoces ou forcés.
Avant de travailler à Boghé Dow, Fatoumata a animé le programme CEP à Ndoroon, une autre communauté de la même région, de 2007 à 2010. Là-bas, les membres de la communauté lui ont fourni un logement et de quoi se nourrir sur leurs propres deniers, ce qui est exigé de toutes les communautés partenaires de Tostan afin de s’investir dans le programme. Fatoumata explique : « Ndoroon était beaucoup plus loin de ma ville natale, alors la communauté a vraiment pris soin de moi. Je vivais dans la même enceinte que le chef du village, et même aujourd’hui, je reste en contact avec les gens là-bas. » Elle poursuit : « Nous étions de très bons amis. Même ce boubou ( un vêtement traditionnel) que je porte aujourd’hui était un cadeau des habitants de Ndoroon. »
Son rôle d’animatrice a non seulement profité à la communauté participant au programme, mais a également aidé Fatoumata à développer ses propres compétences. Elle explique : « Le CEP m’a beaucoup appris, et animer ces cours a été une expérience enrichissante. Avant, j’étais plus timide et je ne parlais pas beaucoup, mais aujourd’hui, j’ai bien plus confiance en moi et je me suis fait beaucoup d’amis, alhamdulillah! »
Récit d'Oumou Diop
