Communiqué de presse : Le Sénégal célèbre la Journée internationale pour l'élimination de la fistule obstétricale le vendredi 23 mai 2014 à Kolda

22 mai 2014
Dakar, Sénégal

Les ONG AMREF Health Africa, Handicap International et Tostan, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), le ministère sénégalais de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, ainsi que le ministère de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal, ont organisé une journée de mobilisation sociale à Ndorna (région de Kolda) sur le thème « Prévenons la fistule ».

La fistule obstétricale est une lésion reliant le vagin à la vessie et/ou au rectum, résultant d'un accouchement long et difficile en l'absence d'intervention médicale rapide. Dans la plupart des cas, elle entraîne une perte continue d'urine et/ou de selles. La fistule obstétricale touche principalement les filles et les femmes les plus vulnérables vivant dans des zones reculées, loin de tout service médical.

Dans la plupart des cas, la stigmatisation pousse les femmes atteintes de cette affection à se cacher et à s’isoler de leur famille et de leur communauté. Grâce à l’enregistrement et au suivi systématiques de chaque femme et jeune fille atteinte ou ayant souffert d’une fistule obstétricale, il est possible de réaliser d’énormes progrès pour améliorer leur bien-être et augmenter les chances de survie de leurs bébés lors des grossesses suivantes.

Dans le monde, notamment en Afrique et en Asie, au moins deux millions de femmes souffrent d’une fistule obstétricale. Au Sénégal, on estime à 400 le nombre de nouveaux cas recensés chaque année. La prévalence de la fistule obstétricale reste élevée dans les régions de Kolda, Tambacounda, Ziguinchor et Matam. La plupart des cas surviennent lorsque des jeunes filles se marient et tombent enceintes à un très jeune âge.

Selon le Dr Babatunde Osotimehin, sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur exécutif du FNUAP, « lafistule obstétricale met en évidence les inégalités persistantes à l’échelle mondiale en matière d’accès aux soins de santé et aux droits fondamentaux. Le moment est venu de mettre fin à la fistule obstétricale et de s’attaquer aux facteurs qui la perpétuent, notamment la pauvreté, le manque d’accès aux soins de santé, le mariage des enfants et les grossesses précoces. »

Molly Melching, fondatrice et directrice générale de Tostan, insiste sur l’importance de la prévention. «La priorité doit être donnée à la prévention de la fistule. Nous y parvenons grâce à notre programme d’éducation de base, à nos émissionsde radio et à nos activités de mobilisation sociale. Nous savons que la fistule est une conséquence du mariage des enfants , et les gens comprennent que pour mettre fin à cette maladie, il faut mettre un terme aux mariages avant l’âge de 18 ans. »

Pour le Dr Mor Ngom, directeur régional d’AMREF Health Africa pour l’Afrique de l’Ouest, «pour éradiquer la fistule, il faut mettre en place des mesures de prévention dans les zones touchées, traiter les femmes atteintes de cette maladie et les aider à se réinsérer dans leur communauté ».

Pour lutter contre cette atteinte au droit fondamental à la santé, l'UNFPA, en collaboration avec ses partenaires, a lancé en 2003 la Campagne mondiale pour l'éradication de la fistule. En l'espace de dix ans, des progrès considérables ont été accomplis : 47 000 femmes et filles ont bénéficié d'une chirurgie reconstructive grâce au soutien de l'UNFPA.

L'initiative visant à éradiquer la fistule obstétricale est mise en œuvre par l'UNFPA en partenariat avec le ministère sénégalais de la Santé et de l'Action sociale, le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, les services d'urologie de l'Hôpital général de Grand Yoff et de l'Hôpital Aristide Le Dantec, la clinique d'obstétrique et de gynécologie de l'Hôpital Le Dantec, ainsi que d'autres ONG. Grâce à ce partenariat, plus de 600 femmes ont été soignées et ont pu reprendre le cours de leur vie.

Sabine Depardé, coordinatrice Santé, Réadaptation et Protection chez Handicap International, a déclaré : «La mise en place d’un programme de soins de santé et de kinésithérapie améliore les résultats chirurgicaux et réduit le nombre d’échecs. Le projet mettra en œuvre des activités de kinésithérapiepré et postopératoire. La réinsertionpsychosociale des femmes bénéficiaires constituera un volet important mis en œuvre par Handicap International. Elles bénéficieront d’un accompagnement personnalisé afin de faciliter leur réinsertion au sein de leurs communautés et de les aider à relancer une activité génératrice de revenus. »

Fin

Note à l'attention des rédacteurs

L'UNFPA est une agence du système des Nations Unies qui œuvre pour que chaque grossesse soit désirée, que chaque accouchement se déroule en toute sécurité et que chaque jeune puisse réaliser son plein potentiel. Rendez-vous sur : http://www.unfpa.org 

L'AMREF est une organisation non gouvernementale africaine de santé publique fondée en 1957. L'AMREF est une association de médecins qui parcourent l'Afrique pour prodiguer des soins aux populations isolées. Rendez-vous sur : http://amref.org/   

Handicap International est présente au Sénégal depuis 1996. L'association a pour mission d'améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap et d'autres groupes vulnérables, et de promouvoir leur pleine participation à la société sénégalaise. Rendez-vous sur : http://www.handicap-international.fr/en

Tostan est une ONG internationale enregistrée aux États-Unis et dont le siège se trouve au Sénégal. Elle a pour mission de donner aux communautés africaines les moyens de parvenir à un développement durable et à une transformation sociale positive, fondés sur le respect des droits de l'homme. Tostan met en œuvre son programme global de trois ans dans six pays d'Afrique de l'Ouest. Pour en savoir plus sur Tostan, rendez-vous sur www.tostaninternational.mystagingwebsite.com

Contacts presse:

Aliou Bassoum : alioubassoum@tostaninternational.mystagingwebsite.com; Tél. : +221 33 820 5589 / +221 77 487 95 68
Ndèye Diop Niang : niang@unfpa.org Tél. : +221 77 554 80 42
Sabine Depardé : zig-respsite@hi-sen.org; Tél. : 00221 77 099 08 97