Déclaration publique à Latmingué, dans la région de Kaolack au Sénégal

Latmingué, Sénégal — Le 27 février 2011, 58 communautés ont annoncé leur renonciation aux mutilations génitales féminines(MGF) et aux mariages précoces ou forcésdevant une foule de plus de 900 personnes lors d’une déclaration publique à Latmingué, dans la région de Kaolack au Sénégal. Quarante de ces villages ont participé au Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan, tandis que les 18 autres sont des communautés voisines qui ont reçu des informations sur le programme grâce au modèle de diffusion organisée de Tostan.

Le CEP est le programme éducatif novateur de Tostan, d’une durée de 30 mois, qui porte notamment sur les droits de l’homme, la santé et l’alphabétisation. Bien que les implications de la MGF en matière de droits de l’homme et de santé soient abordées dans le cadre du CEP, Tostan insiste sur le fait que toute décision d’abandonner la MGF doit venir des communautés concernées elles-mêmes.

La déclaration à Latmingué a donné lieu à une célébration pleine d’énergie que beaucoup ont considérée comme un moment décisif pour les communautés.  La journée a débuté par un spectacle de bienvenue donné par une troupe de danse de la ville voisine de Tambacounda, suivi de témoignages et de discours informatifs des participants de Tostan et des dirigeants locaux, ainsi que de nombreux spectacles musicaux et théâtraux. La lecture de la déclaration a été légèrement retardée en raison de coupures de courant, mais cet intermède a été ponctué par des éclats de musique et des numéros de danse colorés proposés par les membres du public.

Lors de discussions animées par Tostan, les participants au programme CEP ont évoqué les conséquences néfastes des mariages précoces ou forcés, tant pour les femmes que pour la communauté dans son ensemble. Forts de ces connaissances, de nombreux villageois ont expliqué comment ils avaient renoncé à cette pratique, car les communautés souhaitaient à la fois protéger le bien-être de leurs filles et les aider à se construire un avenir meilleur. Comme l’a déclaré Zainaba Ba, de Bethie Peuhl : « L’excision n’existe véritablement plus, car nous avons désormais la preuve qu’elle est néfaste. »

Un groupe de responsables locaux issus de ces villages a fait part de sa satisfaction quant à l’impact de Tostan sur leurs communautés et a déclaré : « Il est nécessaire de créer des centres [Tostan] dans tous les villages sénégalais et de poursuivre les actions de sensibilisation afin que chacun puisse renoncer à ces pratiques. »

Les participants et les membres élus du Comité de gestion communautairelocal, qui superviseront la mise en œuvre des futurs projets de développement dans les communautés participantes, nourrissaient tous de grands espoirs pour l'avenir, forts des progrès remarquables accomplis par leurs communautés en l'espace de trois ans seulement. La déclaration a été lue à haute voix en français, en pular et en wolof, devant une foule de représentants villageois brandissant des pancartes sur lesquelles figuraient des messages de solidarité. Ce moment était emblématique de la journée : l’occasion pour les communautés de se rassembler et de célébrer non seulement leur éducation et leur autonomisation, mais aussi leur avenir.