Les noix de cajou constituent la principale culture de rente en Guinée-Bissau. Selon le ministère du Commerce de Guinée-Bissau, 200 000 tonnes de noix de cajou ont été exportées en 2011. La récolte des noix de cajou mobilise les populations chaque année de mars à juillet et leur assure un revenu suffisant pour toute l'année. Au plus fort de la saison de la noix de cajou, en avril et mai, les comités de gestion communautaire (CMC) des communautés partenaires de Tostan en Guinée-Bissau se sont organisés pour mieux gérer cette situation et s'assurer que les cours de Tostan ne soient pas interrompus. Ainsi, de nombreuses personnes peuvent assister aux cours tout en vendant des noix de cajou pour subvenir à leurs besoins financiers.
Les CMC profitent de cette période pour sensibiliser la population à l'importance de la protection de l'environnement. Les CMC se réunissent spécialement pour trouver des moyens de prévenir les feux de brousse susceptibles de détruire toute la récolte de noix de cajou d'une communauté. Les villages de Bironque, Cussaraba, Fajonquito et Lenquebato ont construit des pare-feu pour protéger les vergers contre les feux de brousse. La collecte des noix de cajou leur a également permis de financer les frais de déplacement et de restauration des membres du comité environnemental de chaque CMC lors de missions de mobilisation sociale dans d'autres villages.
Le programme Tostan forme également les communautés à la manière de reconstituer leurs fonds communautaires pendant cette saison. Des sous-groupes, déjà mis en place et supervisés par des membres du CMC, ramassent des noix de cajou contre une somme d'argent fixe ou en échange d'un paiement en nature consistant en quelques kilogrammes de noix de cajou, destinées à être vendues plus tard sur le marché en période de pénurie financière.
Ces fonds permettent aux CMC de promouvoir l'éducation et la santé pour tous, grâce à l'achat de fournitures scolaires et de médicaments destinés aux dispensaires communautaires. Dans les villages de Cancubantche, Sintcham Laubé et Sumbundo, cet argent a servi à rémunérer les enseignants des écoles communautaires. À Sumbundo, l'argent a servi à acheter des cahiers et de la craie pour l'école locale. Il est également utilisé pour générer des revenus grâce à l'achat de riz, de millet et d'autres produits alimentaires destinés à être vendus au « lumu » ou pendant la saison de disette.
Une vaste chaîne de solidarité communautaire voit le jour en Guinée-Bissau, visant à promouvoir et à défendre les droits de l'homme au sein des communautés qui accueillent les centres Tostan.
Par Alassane Diedhiou, coordinateur national pour la Guinée-Bissau, Tostan
