« Ce n’est pas facile », a déclaré M. Gueye, préfet de Matam, au Sénégal, « mais un jour, nous pourrons nous lever et dire que nous avons travaillé ensemble et que désormais, les droits de chacun sont respectés ». Ses paroles ont trouvé un écho auprès du groupe de 15 jeunes de la région du Fouta qui avait coordonné ce rassemblement, qui s’est tenu à Ourossogui. Ce n’était là qu’une des 16 étapes effectuées par les jeunes au cours d’une caravane de sensibilisation de trois jours en mars. Organisée en partenariat avec Tostan et l’UNICEF, cette initiative a permis aux jeunes de se rendre dans des villages de tout le département de Matam afin de sensibiliser la population à l’importance des droits humains et de l’éducation, ainsi qu’aux conséquences néfastes des mariages précoces ou forcés, des mutilations génitales féminines (MGF) et des grossesses précoces.
Au cours des seize visites dans les villages, les participants à la caravane ont discuté avec des enfants, des adolescents et des adultes de la communauté des questions relatives aux droits humains qui leur tenaient le plus à cœur. L’une des jeunes filles participant à la caravane a courageusement confié à l’auditoire à quel point elle était attristée chaque fois qu’elle apprenait que des filles de son âge subissaient un accouchement douloureux à cause des mutilations génitales féminines. Ayant elle-même subi ces mutilations, elle a promis de ne pas perpétuer cette pratique néfaste si elle avait des filles à l’avenir.
Les membres de la communauté de chaque village ont également fait part aux jeunes de leurs réflexions sur des questions liées aux droits de l’homme. Dans le premier village qu’ils ont visité, Somano, le chef du village a exprimé sa satisfaction quant à l’impact positif du programme éducatif de Tostan, axé sur les droits de l’homme, sur sa communauté. Dans le village de Nguidjilone, une sage-femme nommée Corka Diop a expliqué en quoi les mutilations génitales féminines (MGF) constituent un frein pour la communauté et que la sensibilisation menée par les jeunes peut aider les professionnels de santé dans leur travail. Et à Diowguel, des membres de la communauté enthousiastes ont présenté un sketch sur le mariage des enfants et le mariage d'enfant, suivi d’une discussion animée par les participants de la caravane des jeunes sur les conséquences négatives de cette pratique.
Interrogé au sujet de la caravane des jeunes, Abou Diack, coordinateur régional de Tostan dans le Fouta, a souligné à quel point il était important que les jeunes y participent, en particulier ceux qui ont été victimes de pratiques traditionnelles néfastes et qui souhaitent diffuser des messages de sensibilisation. Leurs témoignages personnels peuvent contribuer à sensibiliser les communautés environnantes à l'importance de protéger et de promouvoir les droits de l'homme.
Récit de Roland Kongo, assistant du coordinateur national à Thiès, Tostan
