La violence à l'égard des femmes et des filles constitue une grave violation des droits humains et un problème majeur de santé publique. Elle peut prendre de nombreuses formes, telles que les violences physiques, sexuelles et psychologiques, ainsi que l'exploitation économique, et les femmes victimes de ces formes de violence peuvent souffrir de divers problèmes de santé.
Dans de nombreux pays, la violence à l'égard des femmes est très répandue et souvent considérée comme socialement acceptable, mais elle peut nuire aux familles et aux communautés sur plusieurs générations et renforcer d'autres formes de violence courantes dans la société. Elle peut être directement liée à un manque de protection des droits humains, et en particulier à la protection des droits des femmes et des filles.
Grâce au Programme d’autonomisation communautaire ( CEP), le programme d’éducation non formelle de base de Tostan fondé sur les droits humains, les participants découvrent leurs droits à la santé et à la liberté face à toutes les formes de violence. Ils discutent également des responsabilités qu’ils partagent pour protéger ces droits au sein de leur communauté.
À l'approche du 25 novembre, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, proclamée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1999, nous examinons comment le CEP aide ses participants à lutter contre les différentes formes de violence à l'égard des femmes et des filles au sein de leurs communautés.
Violence conjugale
La forme de violence la plus courante subie par les femmes dans le monde est la violence physique infligée par un partenaire intime : les femmes sont battues, contraintes à avoir des relations sexuelles ou victimes d’autres formes d’abus.
La plupart des victimes souffrent en silence et le problème reste confiné au sein de la famille, même si les membres de la communauté peuvent être au courant de ce qui se passe.
Fort de la formation aux droits humains dispensée dans le cadre du CEP, les membres de la communauté signalent désormais souvent les cas de violence domestique aux autorités locales, ils mènent des actions de sensibilisation sur le problème et prennent des décisions collectives, telles que des sanctions, pour mettre fin à cette pratique.
Découvrez l'histoire de Marietou, une jeune Sénégalaise qui a convaincu sa communauté de mettre fin à la violence domestique et d'instaurer des sanctions qui ont été collectivement baptisées la « loi Marietou ».
Mutilations génitales féminines (MGF)
Les mutilations génitales féminines (MGF) désignent une pratique traditionnelle infligée aux femmes et aux filles. Il s'agit de l'ablation totale ou partielle des organes génitaux externes féminins ou de toute autre lésion des organes génitaux pour des raisons non médicales. On estime que plus de trois millions de filles risquent de subir des MGF chaque année en Afrique.
Les mutilations génitales féminines (MGF) peuvent entraîner toute une série de problèmes de santé, tant à court qu'à long terme, parmi lesquels : des douleurs intenses, des infections, un état de choc et des hémorragies pouvant entraîner la mort. Parmi les conséquences à long terme, on peut citer l'infertilité et une augmentation considérable du risque de complications pendant l'accouchement, pouvant aboutir à la mort de la mère, à la mortinaissance ou à des lésions cérébrales chez le bébé.
Dans le cadre du CEP, les participants découvrent les conséquences néfastes de cette pratique, tirent leurs propres conclusions sur les mutilations génitales féminines et discutent des moyens de prévenir ces problèmes de santé à l'avenir. Lors des séances consacrées à la santé, ils découvrent les conséquences néfastes potentielles, immédiates et à long terme, de cette pratique et discutent des moyens de prévenir ces problèmes de santé à l'avenir.
Étant donné que les mutilations génitales féminines (MGF) sont liées aux perspectives de mariage, leur abandon nécessite une décision collective de la part des groupes qui se marient entre eux. Afin de favoriser cet abandon collectif, notre programme encourage les membres de la communauté à partager les connaissances acquises avec leurs voisins, leurs amis et les membres de leur famille. Les participants et les membres du Comité de gestion communautaire ( CMC) se rendent dans d’autres communautés pour faire connaître ce qu’ils ont appris. Grâce à ce processus, des régions entières décident de mettre fin ensemble aux MGF sans avoir directement participé à nos cours.
À ce jour, près de 6 000 communautés du Burkina Faso, de Djibouti, de Guinée, de Guinée-Bissau, du Mali, de Mauritanie, du Sénégal, de Somalie et de Gambie ont annoncé leur décision de mettre fin à la pratique des mutilations génitales féminines (MGF).
Découvrez la récente déclaration du Somaliland, où 28 communautés ont renoncé aux MGF.
Mariage précoce/forcé
La pratique du mariage des enfants ou du mariage forcé, qui constitue une forme de violence sexuelle, est répandue dans le monde entier et profondément ancrée dans de nombreuses communautés africaines. Se marier à un jeune âge empêche les filles de poursuivre leur scolarité et d’accéder à l’autonomie financière. Les relations sexuelles précoces et les grossesses précoces peuvent également entraîner de graves problèmes de santé.
Grâce au CEP, les communautés apprennent à considérer le droit de consentir librement au mariage comme un droit humain universel et prennent conscience des conséquences néfastes pour la santé d’une grossesse précoce.
En conséquence, les participantes au CEP de Tostan ont lancé un mouvement visant à mettre fin à la pratique traditionnelle du mariage des enfants et du mariage forcé dans leurs communautés et se sont placées à l’avant-garde des campagnes en faveur du report du mariage jusqu’à ce que les filles soient suffisamment mûres pour faire leurs propres choix.
Fort de l’expérience acquise grâce à leur participation au CEP, les adolescentes s’imposent parfois comme de véritables défenseurs des droits humains en menant des mouvements pour l’abandon des MGF et des mariages précoces/forcés.
Les parents de Fatoumata l’ont écoutée lorsqu’elle leur a dit qu’elle voulait choisir son mari après ses 18 ans. Découvrez l’histoire de Fatoumata sur notre blog.
Le 25 novembre marque également le début des « 16 jours d’activisme contre la violence sexiste », qui s’achèvent le 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme. Cette année, le thème de la campagne des « 16 jours » est « De la paix au foyer à la paix dans le monde ».
Le 9 décembre, le projet « Paix et sécurité » de Tostan organisera un événement dans la région de Ziguinchor, au Sénégal, afin de sensibiliser le public à la manière dont l’éducation non formelle de Tostan, fondée sur les droits de l’homme, peut contribuer à lutter contre diverses formes de violence sexiste, ce qui, à terme, peut favoriser la paix au sein du foyer, de la communauté et au-delà.
