Prochaines étapes du projet Orchid : discussion sur les bonnes pratiques en matière d'activités de sensibilisation à la excision

Le partenariat de Tostan avec Orchid Project vise à contribuer au mouvement en faveur de l'abandon total des mutilations génitales féminines (MGF) au Sénégal. À cette fin, Orchid Project soutient 100 communautés dans les régions de Sédhiou, Kolda, Saint-Louis et Matam au Sénégal, en complétant le Programme d’autonomisation communautaire (CEP) de Tostan. Le CEP est actuellement mis en œuvre dans ces communautés et s'accompagne d'informations supplémentaires sur la meilleure façon de soutenir la sensibilisation et la mobilisation sociale afin de faciliter diffusion organisée.

Alors que le partenariat entrait dans sa troisième phase en 2014-2015, le moment était venu d'organiser un séminaire afin d'échanger des idées sur la manière de s'appuyer sur les meilleures pratiques en matière de sensibilisation et de mobilisation sociale. Cela permettrait de renforcer encore l'efficacité du partenariat et de contribuer à la réalisation de ses objectifs en vue d'un impact à long terme.

Les27 et28 octobre 2014, des agents de mobilisation sociale (AMS), des animateurs radio, les coordinateurs régionaux et les responsables de la coordination de ce projet au Sénégal se sont réunis au Centre de renforcement des capacités et de développement durable (CCDD) de Tostan. Doussou Konate et Baye Demba, deux pionniers du mouvement de sensibilisation aux MGF originaires de Keur Simbara, étaient présents, aux côtés d'autres invités du village, pour donner leur point de vue sur la mobilisation sociale.

Cette rencontre a également été l'occasion de présenter les résultats de l'année 2013, au cours de laquelle les activités de mobilisation sociale ont touché 10 912 personnes, dont plus de la moitié étaient des femmes. Dans le cadre de ce projet, les réunions inter-villages (IVM) ont rassemblé 1 157 personnes, et 193 responsables locaux et religieux se sont réunis pour participer à des séminaires d'échange.

L'objectif de ces deux journées était le suivant : définir une méthode de travail commune à chaque région, tout en conservant suffisamment de souplesse pour tenir compte des spécificités locales. Cela permettrait ainsi de mettre en place une stratégie opérationnelle mieux adaptée au projet.

Parmi les questions importantes soulevées figuraient les suivantes : quels villages faut-il visiter en priorité dans le cadre des tournées de sensibilisation ? Comment améliorer les émissions de radio ? Quelle est la meilleure façon de mener des actions de sensibilisation lors des campagnes dans les écoles ? Comment aborder la question des mutilations génitales féminines lors d'une réunion intervillages ?

Réunis en groupes, les responsables de la mobilisation sociale de chaque région ont échangé leurs points de vue sur la manière dont ils mettaient en œuvre leurs stratégies, avant de déterminer quelles étaient les bonnes idées et quelles stratégies devaient encore être améliorées. Au terme d’un long débat, tous se sont mis d’accord sur un plan d’action susceptible d’augmenter les chances de voir les objectifs du projet se concrétiser.

Parmi les décisions prises, on peut citer : l'augmentation du nombre de séminaires de partage. Les SMA ont estimé que le fait de s'adresser aux leaders communautaires (chefs de village, chefs religieux, présidents de groupes de jeunes, présidentes du Groupe pour la promotion des femmes) était une excellente idée, car ces faiseurs d'opinion peuvent influencer les décisions visant à abandonner les pratiques néfastes. De manière générale, les personnes invitées à l'atelier retourneraient dans leurs villages respectifs avec beaucoup plus d'idées et d'informations à partager avec leurs communautés. En ce qui concerne les émissions de radio, tous les participants se sont mis d’accord sur de nouvelles méthodes d’organisation des émissions, notamment la planification du programme, le choix des thèmes, la sélection des invités et le suivi. Enfin, les SMA ont fait remarquer qu’il était important d’avoir davantage de professionnels de santé présents afin de renforcer les arguments sanitaires en faveur de l’abandon des MGF.

À l’issue de ces deux journées, le coordinateur national de Tostan Sénégal, Khalidou Sy, a rendu hommage à l’engagement de tous les participants, en particulier des SMA qui sont restés motivés malgré les difficultés rencontrées dans leurs régions respectives. Baye Demba, originaire de Keur Simbara, était visiblement ému lorsqu’il a ajouté : « J’ai écouté attentivement tout ce qui a été dit pendant ces deux jours, et ce que je retiens, c’est que nous avons une cause commune pour relever les défis qui se présentent à nous. J’encourage tous les participants à redoubler d’efforts. Si nous n’avons pas encore essayé, nous ne savons pas si c’est possible ou non. »